[scald=24501:sdl_editor_representation]par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - Le volet français de l'affaire Dominique Strauss-Kahn n'en finit pas de provoquer des polémiques, intéresse la justice américaine et pourrait influer sur le sort de l'ancien patron du Fonds monétaire international.

D'abord considéré comme périphérique, le dossier Tristane Banon occupe depuis quelques jours un rôle central dans un feuilleton entamé en mai dernier par l'accusation de tentative de viol formulée à l'encontre de l'ancien directeur général du FMI par une femme de chambre d'un hôtel de New York.

En attendant la prochaine comparution devant la justice américaine de l'ancien favori de l'élection présidentielle de 2012, fixée au 1er août prochain, l'accusation semble affaiblie par les révélations sur les mensonges de la plaignante.

Dans ce contexte, le procureur de Manhattan s'intéresse de près à un rebondissement intervenu en France le 8 juillet dernier, quand le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur la plainte de Tristane Banon.

Cette romancière de 32 ans accuse elle aussi Dominique Strauss-Kahn de tentative de viol. Des faits qui, selon elle, remontent à 2003 et se seraient produits dans un appartement parisien où elle avait rendez-vous pour un entretien dans le cadre de la rédaction d'un livre.

Les enquêteurs parisiens ont retrouvé cet appartement et enchaînent les auditions, dernièrement celle de François Hollande, candidat à la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2012, qui a déclaré après avoir été entendu mercredi qu'il n'avait rien à voir avec cette affaire.

"DÉLIRE GLAUQUE ET MALSAIN"

Les policiers ont également recueilli les témoignages de l'une des filles de Dominique Strauss-Kahn, Camille, de la mère de cette dernière, Brigitte Guillemette, deuxième épouse de l'ancien patron du FMI, ainsi que d'Anne Mansouret, la mère de Tristane Banon.

Brigitte Guillemette a démenti la version donnée par Anne Mansouret aux enquêteurs et a affirmé notamment n'avoir jamais servi d'intermédiaire entre Tristane Banon et son ex-mari à l'époque des faits.

L'ancienne épouse de Dominique Strauss-Kahn déclare, dans une interview publié sur le site internet du Nouvel Observateur (www.nouvelobs.com), avoir décidé de porter plainte en diffamation contre Anne Mansouret.

"Parce que rien de ce que cette femme raconte n'est vrai", déclare Brigitte Guillemette au Nouvel Observateur pour justifier sa décision. "Je ne suis pas une de ses proches, ma fille Camille n'a jamais été une amie de Tristane Banon. Tous les propos qu'elle me prête sont faux. Nous sommes pris dans un délire glauque et malsain qu'il est grand temps de stopper."

Brigitte Guillemette, qui reconnaît cependant être la marraine de Tristane Banon, ajoute qu'Anne Mansouret lui avait confié, peu après les faits, être la maîtresse de Dominique Strauss-Kahn. Anne Mansouret l'aurait confirmé aux enquêteurs.

PLAINTE EN DIFFAMATION

Tandis que se poursuit ce grand déballage, qui passionne les tabloïds américains et alimente les polémiques sur les comportements du principal protagoniste de l'affaire, les acteurs de l'aspect judiciaire de la saga continuent de s'affairer.

L'avocat de Tristane Banon a ainsi rencontré mardi à New York celui de la femme de chambre qui affirme avoir été agressée sexuellement par l'ancien directeur général du FMI dans une suite du Sofitel de Manhattan le 14 mai dernier.

Des journalistes ont vu David Koubbi entrer et ressortir du bureau du procureur de Manhattan, Cyrus Vance, aux côtés de Kenneth Thompson, le principal défenseur de la jeune Guinéenne.

David Koubbi a déclaré mercredi que le bureau du procureur lui avait demandé les éléments de son dossier, ce qui lui permettrait d'étayer son accusation contre "DSK".

L'avocat, qui refuse d'être "instrumentalisé" par le procureur de Manhattan, a répondu qu'il obtempérerait uniquement si le parquet de New York formulait une demande officielle acceptée par les autorités françaises.

Les avocats parisiens de Dominique Strauss-Kahn ont mis en garde de leur côté contre la diffusion par la presse d'informations sur l'affaire Tristane Banon présentées comme issues de l'enquête préliminaire ordonnée par le parquet.

"Il n'y a aucune garantie qu'elles reflètent la réalité objective des investigations", écrivent dans un communiqué Mes Henri Leclerc et Frédérique Beaulieu, qui ont déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse après le dépôt de plainte de Tristane Banon.

Edité par Yves Clarisse

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