Autour d'un rapport remis au gendarme du médicament, révélé par Le Parisien, des spécialistes de l'ANSM ont des discussions animées sur les risques induits ou non par cet adjuvant.

La présence d'aluminium dans les vaccins
La présence d'aluminium dans les vaccins © Maxppp / 6PA

L'aluminium dans les vaccins, c'est une inquiétude récurrente pour de nombreux Français, persuadés qu'il est nocif quelle que soit la dose et qu'il faut en exiger le retrait. Sans aller forcément dans ce sens, Le Parisien exhume ce vendredi un rapport, arrivé au printemps, et qui affirme que l'aluminium dans les vaccins n'est pas complètement neutre... Cela ne remet pas en cause la sécurité globale des vaccins, mais plusieurs des spécialistes évoquant le sujet demandent que l'on poursuive les recherches sur de possibles effets neurologiques, qui pourraient toucher certaines personnes.

L'équipe qui a produit le rapport travaille depuis près de 20 ans sur cette question de l'aluminium : en 98, elle avait repéré que dans certaines lésions musculaires, on pouvait retrouver des cristaux d'aluminium. Ces cristaux, potentiellement neurotoxiques, ne seraient donc pas forcément éliminés naturellement par l'organisme. Plus récemment, des travaux réalisés sur des souris tendent à prouver que certaines personnes seraient prédisposées au risque de retenir l'aluminium, et cela même à petites doses.

C'est le professeur Jérome Autier, neurologue et chef du centre de Référence des maladies neuromusculaires de l'Hôpital Henri Mondor, qui a conduit l'étude... "Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce n'est pas une innocuité totale : il y a des personnes qui peuvent développer des effets secondaires", explique-t-il. "On a des patients qui n'ont pas besoin d'être exposés à des quantités énormes d'hydroxyde d'aluminium pour faire des effets secondaires."

Les effets de l'aluminium encore peu connus

Les patients en question sont atteints d'une grande fatigue et de douleurs musculaires : on appelle cela une myophacite à macrophage, difficile à diagnostiquer. L’hôpital Henri Mondor en soigne un peu plus d'une centaine.

Mais son étude laisse certains médecins circonspects, à l'image du professeur Vincent Renard, qui préside le collège nationale des généralistes enseignants. "Cette découverte est à prendre avec beaucoup de pincettes", prévient-il. "Attention à ne pas croire chaque publication scientifique isolée... Il n'y a aucune autre publication internationale qui fait état des mêmes constats."

L'équipe d'Henri Mondor se défend en tout cas d'être "anti-vaccins". Bien au contraire : elle plaide pour des vaccins. Mais des vaccins, forcément, sans aluminium.

Que contient un vaccin ?
Que contient un vaccin ? © Visactu
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