Les anguilles, et en particulier, leurs alevins : les civelles, sont l'objet d'un braconnage inédit. Le kilo peut atteindre 4 000 euros sur le marché en Asie. Les associations environnementales tirent la sonnette d'alarme, d'autant que l'anguille est une espèce menacée.

Très chères civelles au point de tenter des trafiquants
Très chères civelles au point de tenter des trafiquants © Maxppp / Olivier MORIN

La dernière affaire remonte au printemps 2018. Un réseau de criminels a été démantelé après cinq mois d'enquête. Treize trafiquants ont été arrêtés en Vendée, Loire-Atlantique, Bretagne. Aucune drogue saisie dans leurs valises, mais des centaines de kilos de civelles. Le petit poisson translucide est victime des braconniers depuis plusieurs années, mais le trafic a pris une ampleur sans précédent, dénoncent les associations. 

Un trafic juteux en bande organisée

Le prix de la civelle a fortement augmenté ces dernières années. Aujourd'hui, il atteint un prix d'or, entre 2 000 et 4 000 euros le kilo sur les marchés asiatiques où ce poisson est très prisé. Soit 10 fois plus qu'en France. Au Japon, la civelle se vend même plus chère que le caviar. D'autant que le poisson a disparu des côtes japonaises car les élevages d'anguilles ont été détruits suite au tsunami en 2011.

Un trafic visiblement très rentable. "C'est un phénomène qui prend de l'ampleur", dénonce Charlotte Nithart, directrice de campagne pour l'association de défense de l'environnement, Robin des bois. "Le trafic s'aggrave, se diversifie. Les réseaux sont de mieux en mieux organisés, de plus en plus tentaculaires, avec des intérêts croisés, à la fois des ressortissants asiatiques, européens, mais de plusieurs pays comme l'Espagne ou l'Italie, et la France", détaille-t-elle. "C'est une criminalité qui est de plus en plus en bande organisée".  

Une espèce menacée

L'association dénonce un "pillage" dans les rivières et fleuves français. La pêche de l'anguille n'est pas interdite en France, mais elle est très réglementée, réservée aux professionnels qui sont limités par des quotas. Son exportation hors de l'Union européenne est interdite depuis 2009 pour mieux la protéger. En effet, l'anguille européenne est une espèce en voie d'extinction. Selon l'agence française pour la biodiversité, la quantité d'anguilles dans les eaux hexagonales a diminué de 75 % en 30 ans.

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