A deux jours de l'ouverture des états généraux de la bioéthique, pour la première fois, un enfant né d'une insémination artificielle avec donneur anonyme a identifié et retrouvé son père biologique.

Le don de sperme était jusqu'ici anonyme en France
Le don de sperme était jusqu'ici anonyme en France © Maxppp / La Voix du Nord / Pierre LE MASSON

C'est une enquête incroyable qui a mêlé génétique, réseaux sociaux et généalogie et qui pose la question de l'accès aux origines des enfants nés d'un don de sperme ou d'ovocyte. 

En théorie, la loi française assure l'anonymat des donneurs de gamètes, mais Arthur Kermalvezen, 34 ans, ne l'a pas accepté. 

Ce militant associatif a tenté par tous les moyens, durant plus de 10 ans, de connaître ses origines. Le 23 septembre dernier, il décide de jeter une bouteille à la mer. Il procède à un test génétique qu'il envoie à une société de biotechnologie américaine. Le miracle opère : un cousin d'Arthur a effectué  la même démarche auprès de la même entreprise. L'homme est sur le réseau professionnel Linkedin, Arthur prend contact avec lui et découvre l'existence d'un aïeul seul susceptible d'avoir donné son sperme dans les années 70. 

Celui qui a écrit un livre intitulé "Né de spermatozoïde inconnu" a désormais le nom de son géniteur, puis son adresse. Il envoie une lettre jusqu'à ce coup de téléphone. A 10h, le jour de Noël, Arthur Kermalvezen reçoit un appel téléphonique. Au bout du fil, la voix d'un homme et ces quelques mots : "Bravo de m'avoir retrouvé"

Depuis, Arthur a rencontré son père biologique. Il a appris qu'il était peut-être porteur d'une anomalie génétique rare, une preuve selon lui de l'utilité de son enquête, mais plus encore le signe, selon lui qu'aujourd'hui l'accès aux origines est devenu un fait.

70 000 personnes en France sont nées d'un don anonyme

En novembre dernier, l’Agence de biomédecine lançait une nouvelle campagne nationale d’information sur les dons de gamètes. 

Chaque année, près de 3 500 nouveaux couples souffrant d’une infertilité médicale font des démarches pour bénéficier d’un don d’ovocytes et de spermatozoïdes, mais les dons sont encore en nombre insuffisants. Pour atteindre l’équilibre et prendre en charge l’intégralité de ces couples infertiles, il faudrait au total chaque année 1 400 dons d’ovocytes et 300 dons de spermatozoïdes, tout en diversifiant les origines géographiques des donneurs, explique l’Agence de la biomédecine. 

Mais le risque de la fin de l'anonymat ne va pas faire fondre le nombre déjà insuffisant de dons ?

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