L'Assistance publique – Hôpitaux de Paris porte plainte auprès du conseil départemental de l’ordre des médecins contre Christian Perronne. Il est reproché à l'infectiologue des attaques ad hominem proférées publiquement à l’encontre d’un confrère.

Professeur Christian Perronne
Professeur Christian Perronne © AFP / Leemage

Depuis plusieurs mois dans le viseur des autorités médicales, le professeur Christian Perronne est l'objet d'une plainte déposée par l' AP-HP de Paris auprès du conseil départemental de l’ordre des médecins. L'Assistance publique – Hôpitaux de paris décide par ailleurs de mettre fin à ses fonctions de chef de service l’hôpital Raymond Poincaré - AP-HP à Garches.

"Depuis plusieurs mois, dans un contexte de crise sanitaire, le professeur Christian Perronne a tenu des propos considérés comme indignes de la fonction qu’il exerce", explique l'AP-HP.

L'infectiologue s'était vu remettre l'avis du collège de déontologie qui avait été saisi par l'AP-HP. Mais "l’intéressé n’en a pas tenu compte" selon l'institution. Les récents propos de Christian Perronne "avaient conduit le président de la conférence des doyens d’Île-de-France à engager la démarche de retrait d’agrément pour la formation des internes", précise le communiqué de l'AP-HP. 

L'AP-HP a décidé de déposer une plainte auprès du conseil départemental de l’Ordre des médecins après que la commission médicale de l’établissement "s’est prononcée, par une motion votée le 1er décembre dernier, qui a condamné des attaques ad hominem proférées publiquement à l’encontre d’un confrère". Il lui est reproché aussi d'avoir notamment affirmé que les malades du Covid représentaient une aubaine financière pour les médecins. 

L'AP-HP a donc mis fin ce jeudi aux fonctions de chef de service de Christian Perronne, et a nommé un chef de service intérimaire.

Une suite de déclarations contestées par les autorités médicales

L'infectiologue est dans le viseur de l'Ordre des médecins et de l'AP-HP depuis des propos polémiques autour de l'hydroxychloroquine cet été. Il avait notamment affirmé qu'une large prescription de ce traitement, promu par le Pr Didier Raoult mais dont les études ont conclu qu'il n'avait pas d'efficacité contre le Covid-19, aurait permis d'éviter 25.000 morts en France.

Il a également accusé des médecins du CHU de Nantes d'avoir "laissé crever (son) beau-frère" en refusant de lui prescrire ce traitement. En octobre, il avait par ailleurs fait polémique en expliquant qu'"un médecin généraliste qui déclare un test Covid positif pour l'un de ses patients, (...) touche de l'argent" en plus de la consultation et en affirmant que pour les services de réanimation, ce serait le "jackpot" de garder "longtemps" des patients Covid.

L'infectiologue figure notamment parmi les personnes intervenant dans le film "Hold-Up" qui affirme dénoncer des mensonges et exagérations du gouvernement autour du Covid-19. Il est également l'auteur d'un livre qui a rencontré un grand succès ces derniers mois et qui lui a valu de se mettre à dos la quasi intégralité de la communauté médicale avec son livre "Y a-t-il une erreur qu'ILS n'ont pas commise ?" Au fil de ces 206 pages, le professeur, défenseur acharné de la chloroquine, accusait ses collègues d'avoir écarté ce médicament pour satisfaire leur ego, mais surtout pour combler la voracité financière des grands laboratoires.