Jeudi, les créateurs de l'application de messagerie sécurisée Signal ont annoncé le lancement d'une nouvelle fonction : au moment d'envoyer une photo, il est possible, d'un clic, de flouter les visages. Objectif : assurer la sécurité de celles et ceux qui manifestent.

L'application Signal est présentée comme l'une des plus sécurisées sur le marché
L'application Signal est présentée comme l'une des plus sécurisées sur le marché © Getty / picture alliance / Contributeur

Le positionnement de l'application Signal est tranché : "Une chose semble claire, 2020 est plutôt une bonne année pour se couvrir le visage", peut-on lire depuis jeudi sur le site de cette appli de messagerie, connue pour garantir la sécurité des conversations qui y sont engagées, et la protection des données de ses utilisateurs. Dans cet article, l'entreprise annonce le développement d'une nouvelle fonction permettant de flouter des photos.

Recommandée notamment par Edward Snowden, cette application présente des conversations (par texte ou en audio) chiffrées de bout en bout, comme nous l'expliquions dans cet article de 2019. Dans le contexte actuel de revendications et de manifestations, notamment aux États-Unis, contre le racisme, l'application "soutient les gens qui sont descendus dans la rue pour faire entendre leur voix, parce que nous croyons que l'Amérique doit changer". 

Une option de floutage... et de (vrais) masques en préparation

Selon l'entreprise, "beaucoup de personnes et de groupes qui s'organisent en faveur de ce changement utilisent Signal pour communiquer (...) et nous avons aussi travaillé pour imaginer d'autres façons de soutenir tous ceux et celles qui sont dans la rue en ce moment". La première fonctionnalité proposée par Signal est donc une option pour flouter les visages sur une photo - directement sur le téléphone, rien ne se fait dans le "cloud", le floutage est donc plutôt rudimentaire - avant de l'envoyer. 

Au-delà, dans ce même article, les dirigeants de Signal annoncent qu'ils recherchent des partenariats avec des entreprises du textile pour lancer la fabrication de masques pour se couvrir le visage, qui permettront aux manifestants de cacher en partie - ou plus précisément "d'encrypter" leur visage, même si on ne sait pas exactement pour l'heure ce que permettra ce masque à l'allure pixellisée.

Zoom va travailler avec le FBI

Toutes les applications n'apportent pas les mêmes garanties : ainsi, le très populaire logiciel de vidéoconférence Zoom, critiqué au début du confinement pour son manque de sécurité, a annoncé qu'il travaillait aussi sur le chiffrement de bout en bout de ses conversations... mais seulement pour les clients payants du logiciel. La raison invoquée ? "Nous voulons aussi travailler avec le FBI, avec les forces de l'ordre locales, au cas où des gens utiliseraient Zoom pour de mauvaises raisons", a déclaré le patron de l'entreprise Eric Yuan. 

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