La ministre des Armées veut favoriser une plus grande mixité. Ce qui, pour Florence Parly, passe par un effort particulier pour lutter contre les idées reçues, sur la condition physique, les difficultés à concilier vie de famille et vie professionnelle ou encore l'espoir d’accéder à de hautes fonctions.

Florence Parly accompagne le Premier ministre lors d'une visite des troupes à Gao, au Mali, le 24 février dernier. Les femmes représentent à peine 8% des militaires déployés en opérations extérieures.
Florence Parly accompagne le Premier ministre lors d'une visite des troupes à Gao, au Mali, le 24 février dernier. Les femmes représentent à peine 8% des militaires déployés en opérations extérieures. © Radio France / Nathanael Charbonnier

La ministre des Armées ne veut pas entendre parler de discrimination. Pour favoriser une plus grande mixité dans la défense, Florence Parly ne veut pas imposer de quotas mais donner toutes leurs chances aux femmes. À celles qui pensent ne pas trouver leur place dans une carrière militaire, comme à celles qui imagineraient ne pas pouvoir évoluer sous les drapeaux.

Nous ne résoudrons pas ce problème si nous considérons qu’il faut seulement agir sur les femmes elles-mêmes. Il faut agir sur l’ensemble de la représentation sociétale qui prévaut dans les armées et dans tout le pays.

Chez les militaires, le besoin en recrutement est de 20 000 personnes chaque année. Un énorme levier pour la mixité. Il faut donner envie aux jeunes femmes de s’engager, en allant par exemple chercher des talents féminins au-delà des lycées militaires. Autre mesure incitative à l'étude : rationaliser les épreuves d’évaluation de la condition physique au recrutement.

Toujours dans une logique de fidélisation, l’organisation du travail devra prendre en compte les éventuelles responsabilités familiales. En prenant en compte le problème de la garde d’enfants et en évitant les horaires de réunions précoces ou tardifs, par exemple.

Le troisième axe du plan mixité vise à valoriser le rôle des femmes dans les armées. Aujourd'hui, elles ne représentent que 8 % des militaires déployés en opérations extérieures, et à peine 7 % d'entre elles deviennent des officiers généraux.

En cause, les contraintes de la vie de famille et une sélection trop stricte. L’accès aux formations sera assoupli, la limite d’âge pour s’inscrire aux examens et aux concours sera supprimée. 

Objectif à atteindre : 10 % de femmes officiers généraux d'ici à 2022. Un véritable défi quand on sait que, selon la ministre, "il faut 23 ans pour former un colonel et 30 ans pour un général".

La sécurité est l’affaire de tous, et au XXIe siècle, nous ne pouvons plus nous priver de 50 % des talents de la population.

Aujourd’hui, elles sont quelque 32 000 à servir le pays. Soit 15,5 % du contingent de militaires. Ce qui place tout de même la France au quatrième rang des armées les plus féminisées dans le monde.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.