La ministre des Armées Florence Parly présente ce lundi un plan de modernisation du maintien en condition opérationnelle aéronautique. En clair, donner et entretenir le matériel mis à disposition des militaires, une priorité pour le ministère.

Le pont du BPC Tonnerre, porte-hélicoptères français
Le pont du BPC Tonnerre, porte-hélicoptères français © Maxppp / LA PROVENCE / Florian LAUNETTE

Un audit a même été commandé en septembre dernier sur la question, avec un constat inquiétant : il n'y a pas assez d'appareils disponibles, et leur maintenance coûte très cher. On ne se demande plus aujourd'hui s'il y a un pilote dans l'avion ou dans l'hélico, mais plutôt s'il y a un appareil pour le pilote...

Alors que les opérations extérieures ont augmenté, à peine un hélicoptère sur deux était disponible en 2016, que ce soit pour le combat ou pour le transport.  Sur les 59 hélicoptères Tigre, très sollicités au Mali, seul un sur quatre a été utilisable. En revanche, les avions de surveillance ou de  chasse, comme les Rafale, s'en tirent mieux et répondent présents. Quant aux gros porteurs, sur onze A400M, un seul est disponible, deux au maximum.

Le ministère explique plus largement que "la disponibilité des aéronefs est inférieure à 50 %", autrement dit "moins d'un aéronef sur deux est capable de partir en mission". Cette disponibilité ne s'arrange pas : en 2000, elle était de 55 %, et aujourd'hui elle a chuté à 44 %.

Des équipements nombreux mais pas toujours utilisables

Tout cela coûte chaque année des dizaines de millions d'euros d'entretien. À cela, plusieurs explications selon  le député LR François Cornut Gentille. "La première, c'est qu'on touchait à des matériels neufs. Les nouvelles technologies et l'entretien de ces matériels hyper sophistiqués était quelquefois beaucoup plus lourds que prévu. À l'opposé, _on a au contraire sur de vieux appareils des coûts d'entretien très élevés_, parce qu'il faut maintenir à flot une flotte à bout de souffle."

Il y a tout un travail à faire pour ne pas se contenter de regarder le coût d'achat sur l'étagère, mais de voir quel est le coût d'entretien des matériels que l'on commande.

Mais cela demandera d'avoir une vision budgétaire à long terme, ce qui n'est pas vraiment dans nos habitudes, ajoute le député de Haute  Marne.

Des coûts importants pour l'équipement militaire

Selon le rapport annuel du ministère de la Défense, publié en juillet dernier, l'équipement représente 17,3 milliards d'euros, contre 11,6 milliards pour la masse salariale, soit un peu plus de 205.000 personnes réparties dans les différents corps de métier.

En 2016, la France a dépensé plus de 40,6 milliards d'euros pour sa défense, soit plus que l'Allemagne (38,2 milliards d'euros), un peu moins que le Royaume-Uni (50,4 milliards d'euros) et beaucoup moins que les États-Unis (515 milliards d'euros). La situation française est tout sauf inédite, puisque l'Allemagne justement met actuellement le doigt sur des difficultés similaires.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.