Certaines académies encourageraient indirectement les fils d'ouvriers  à prendre la même direction que leurs parents
Certaines académies encourageraient indirectement les fils d'ouvriers à prendre la même direction que leurs parents © MaxPPP

EXCLU FRANCE INTER - L'ascenseur social ne marche pas pour tout le monde et surtout pas partout : c’est que dévoile une étude de l’organisme de réflexion France Stratégie, rattaché à Matignon.

On savait qu’un fils d’ouvrier avait moins de chance de devenir cadre d’une entreprise qu’un fils de cadre. Il était moins connu que cette probabilité soit pondérée par sa région d’habitation. C’est que dévoile une étude de l’organisme de réflexion France Stratégie, rattaché à Matignon.

Fils de maçon breton vs fils de maçon parisien

On y découvre ainsi que la chance de gravir l'échelle sociale varie du simple au double que la personne habite dans le Nord de la France ou dans l'Ouest. Par exemple, un fils de maçon en Bretagne ou à Paris a beaucoup plus de chance d'accéder à un poste important que le même qui aurait grandi en Picardie.

Il vaut mieux habiter l’Ile-de-France que le Nord-Pas-de-Calais

L’Île-de-France serait la région par "excellence" de la mobilité ascendante dans les générations récentes, puisque 40 % des jeunes actifs issus des classes populaires et originaires de cette région occupent des positions professionnelles moyennes ou supérieures. Derrière elle, suivent, de loin, les régions Midi-Pyrénées et Bretagne. En bas du classement, les régions Poitou-Charentes, Nord-Pas-de-Calais et Picardie, où seulement un peu plus d’un quart des enfants d’ouvriers et d’employés ont connu une mobilité ascendante dans les générations les plus récentes.

Au cœur du déterminisme, l’orientation scolaire

En cause, le poids du contexte familial, du contexte local, mais aussi le jeu de l’orientation. Ce dernier, explique Jean-Pisani Ferri, qui a coordonné l’étude, ferait que des enfants des classes populaires sont davantage orientés vers des enseignements professionnels dans certaines régions plus que d’autres.

Les nouvelles régions seront l’occasion derapprocher les académies et faire profiter l’ensemble du territoire des ressources de l’enseignement supérieur qui existent dans certaines régions

Certaines académies encourageraient donc indirectement les fils d'ouvriers à prendre la même direction que leurs parents.L'Education nationale serait, d’une certaine manière, fautive, même si l'organisation du territoire a aussi sa responsabilité. Dans ce cadre, il faudrait donner l'envie et les moyens aux jeunes d'aller étudier ailleurs : dans ce contexte, la fusion des régions ne peut être qu'un accélérateur de mixité. "Les nouvelles régions, poursuit l’économiste, seront l’occasion de rapprocher les académies et faire profiter l’ensemble du territoire des ressources de l’enseignement supérieur qui existent dans certaines régions."

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