Avec un concept importé d'Allemagne, le site arretmaladie.fr propose des arrêts maladie jusqu'à 3 jours grâce à une téléconsultation sur demande. L'Assurance maladie a décidé d'engager des poursuites contre ce qu'elle estime être un dévoiement de la pratique médicale.

La téléconsultation n'est pas prise en charge par la sécurité sociale, sauf quand le médecin a déjà été en charge du patient
La téléconsultation n'est pas prise en charge par la sécurité sociale, sauf quand le médecin a déjà été en charge du patient © AFP / COLLANGES / BSIP

La page d'accueil est on ne peut plus claire, elle explique la démarche en trois temps : répondre à un questionnaire, procéder à une téléconsultation, recevoir un arrêt maladie - de trois jours maximum. C'est le concept, importé d'Allemagne, du site arretmaladie.fr, qui vient d'être lancé en France. 

Pas de remboursement ni de prise en charge

Ce site web interpelle par la simplicité avec laquelle on peut obtenir un arrêt de travail : le patient doit d'abord répondre à une vingtaine de questions (température, syndromes, antécédents). Il est ensuite renvoyé vers une plateforme classique de téléconsultation, qui délivrera ou pas le fameux arrêt maladie.

Le site promet que cette téléconsultation ainsi que l'arrêt maladie seront pris en charge financièrement. Mais il y a tromperie, explique l'Assurance maladie : une téléconsultation n'est remboursée que dans certaines conditions, s'il s'agit du médecin traitant ou d'un spécialiste qui connait le patient. Et par ailleurs, un arrêt maladie n'est pris en charge par la sécurité sociale qu'au-delà de trois jours, puisqu'avant cela, il y a un délai de carence.

L'Assurance maladie et les médecins vent debout

Pour l'Assurance maladie comme pour les syndicats de médecins, le site pose aussi un problème de déontologie dans son principe. La promesse d'un arrêt maladie sur demande est une "marchandisation intolérable" selon Jérôme Marty, président du syndicat UFML :

"Que des plateformes commerciales profitent soit de vides juridiques, soit du fait que le numérique avance plus vite que la loi, ça pose problème, car la médecine n'est pas un problème."

L'Assurance maladie commence malgré tout à connaître la musique : l'an dernier, elle a déjà refusé le remboursement des consultations à un site du même genre. Cette fois-ci, elle va demander la suspension des activités du site, et compte engager à cette fin une action en référé.

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