Véhicule du Samu lors de l'opération de mercredi à Saint-Denis
Véhicule du Samu lors de l'opération de mercredi à Saint-Denis © MaxPPP / Étienne Laurent

Manuel Valls a clairement évoqué jeudi le risque d'attaques chimiques et bactériologiques, et un arrêté du 14 novembre permet d'augmenter considérablement le stock d'atropine. Il n'en fallait pas plus pour inquiéter l'opinion publique. Mais les urgences l'assurent : elles sont préparées depuis longtemps à ce type de situation.

Officiellement, cette augmentation du stock était de toute façon prévue pour la COP21 à venir. Et les urgentistes le confirment : le risque bactériologique est connu et préparé depuis longtemps. "On sortait de la menace Ebola, on a vécu l'attentat multisites, on saura gérer les attaques chimiques ou bactériologiques" , assure ainsi un urgentiste parisien.

Selon lui, l'agression chimique n'est de plus pas la menace la plus aigüe en ce moment, car ces attaques sont difficiles à mettre en œuvre. Souvenez-vous par exemple de l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, il y a 20 ans : les victimes les plus nombreuses étaient celles dûes au mouvement de panique, plus qu'à cause du gaz en lui-même.

Un arrêté pour accélérer les choses

Mais comme pour toutes les autres situations possibles, le SAMU est préparé. Le scénario d'une contamination du réseau d'eau potable à Paris, par exemple, fait partie des hypotheses sur lesquelles les équipes ont déjà été entraînées. Les stocks d'antidotes (notamment le sulfate d'atropine, pour les gazs neutotoxiques qui paralysent les muscles et conduisent à l'étouffement) sont gérés par l'armée. L'état des stocks et la nature des antidotes prévus sont classés secret défense.

En cas de besoin, l'Eprus, l'Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, sollicite l'armée pour équiper les hopitaux et les services d'urgence. L'établissement assure que les stocks sont bien là , et qu'on ne manque de rien dans ce domaine.

Le vrai enjeu, c'est de les avoir à disposition dans les SAMU en quantité suffisante le jour J. Et l'arrêté publié le 14 novembre vise justement à faciliter et donc à accélérer cette mise à disposition.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.