[scald=101071:sdl_editor_representation]NEW YORK (Reuters) - La première audience au civil dans l'affaire opposant Dominique Strauss-Kahn à Nafissatou Diallo, qui l'accuse d'agression sexuelle, a été repoussée du 15 au 28 mars, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

D'après la plainte au civil déposée en août devant un hôtel du Bronx par les avocats de la femme de ménage du Sofitel, Dominique Strauss-Kahn aurait contraint leur cliente à une fellation le 14 mai dans une suite du Sofitel de Manhattan.

Selon toutes vraisemblances, les avocats américains de l'ex-directeur général du Fonds monétaire international devraient demander une annulation de la plainte. Ils tentent de faire valoir que leur client est protégé par l'immunité diplomatique dont il bénéficiait à l'époque des faits en raison de ses fonctions au FMI.

Les poursuites pénales engagées contre l'ex-ministre socialiste ont été abandonnées en septembre, les procureurs de Manhattan estimant que les contradictions apparues dans les dépositions de Nafissatou Diallo les rendaient "incapables d'accepter sa version des faits au-delà du doute raisonnable, quelle que soit la vérité au sujet de la rencontre entre la plaignante et l'accusé".

De retour en France, Dominique Strauss-Kahn a évoqué mi-septembre une "relation inappropriée" et a dit avoir commis une "faute morale" mais assure qu'il n'y a eu "ni violence, ni contrainte, ni agression ni aucun acte délictueux".

Celui qui était il y a moins d'un an le favori des sondages en vue de l'élection présidentielle garde profil bas depuis son retour de New York.

Après sa prestation au Vingt-Heures de TF1, il a participé en décembre à un forum économique à Pékin et doit prendre la parole le 27 mars prochain à Bruxelles lors d'une conférence à laquelle participera également le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Il doit également s'exprimer sur l'état de l'économie mondiale ce vendredi à l'université britannique de Cambridge, à l'invitation de la Cambridge Union Society.

Mais sa présence a provoqué la colère d'un mouvement d'étudiantes de Cambridge, qui a invité de son côté un des avocats de Nafissatou Diallo, Douglas Wigdor, à venir s'exprimer le même jour et fait circuler une pétition contre la venue de Strauss-Kahn, signée par plus de 700 personnes.

Le Cambridge University Students' Union Women's Campaign estime qu'offrir une tribune à Dominique Strauss-Kahn revient à banaliser les agressions sexuelles.

"J'ai été vraiment choqué d'apprendre qu'une institution aussi prestigieuse que la Cambridge Union se laissait manipuler par l'équipe (de relations publiques) de Strauss-Kahn pour redorer son image", a déclaré de son côté Douglas Wigdor.

Joseph Ax; Henri-Pierre André pour le service français

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