Avec le printemps l'entretien des espaces verts fait son retour. Beaucoup d'entreprises et de collectivités ont choisi de laisser la tondeuse et les produits chimiques de côté pour engager des mammifères. Des moutons et des chèvres qui coûtent moins cher et respectent l'environnement.

Des moutons, de race manech, sur la zone de loisirs des Argoulets à Toulouse où l'éco-pâturage a été testé d'avril à juillet dernier
Des moutons, de race manech, sur la zone de loisirs des Argoulets à Toulouse où l'éco-pâturage a été testé d'avril à juillet dernier © Maxppp / MICHEL LABONNE

Et si la solution à la fin de l'utilisation de produits phytosanitaires avait quatre pattes ? Depuis le 1er janvier 2017 et l'entrée en vigueur de la Loi Labbé, les collectivités n'ont plus le droit d'utiliser d'herbicide dans les lieux publics. Pour faire disparaître les mauvaises herbes et limiter la pousse, dans les parcs notamment, de nombreuses mairies ont recours aux animaux. C'est l'éco-pâturage.

les bêtes coûtent moins cher et sont plus écolos

Ces derniers jours, une dizaine de moutons des Landes de Bruyère, une espèce menacée, ont investi les abords de la prison de Saint-Quentin-Fallavier en Isère. C'est le cas aussi autour de l'établissement pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et les avantages du mouton sont multiples. La tonte naturelle coûte environ 30% de moins que la tonte mécanique. Elle permet aussi de renforcer la biodiversité des sites. "Les excréments de moutons vont ramener les insectes coprophages (qui mangent les matières fécales). Ils vont ensuite  eux-mêmes faire venir des prédateurs sur la zone" raconte Christophe Darpheuil, directeur de l'association Naturama.

Aux pieds de la maison d'arrêt de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, les moutons ont remplacé les tondeuses
Aux pieds de la maison d'arrêt de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, les moutons ont remplacé les tondeuses © AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Les herbivores gagnent du terrain

L'éco-pâturage peut-être utilisé sur n'importe quel site qui présente un peu d'herbe à brouter. De la pelouse d'une université comme à Nanterre, jusqu'en avril 2017, au square d'un centre ville. 

Les tondeuses à poils de l'université de Nanterre ont quitté le site en avril 2017.
Les tondeuses à poils de l'université de Nanterre ont quitté le site en avril 2017. © Maxppp / Bruno Levesque

Dès 2015, la ville de Grenoble se lance dans l'éco-pâturage. Des moutons ont été mis à contribution pour entretenir le parc Paul Mistral ou les contreforts de la Bastille. Dans la capitale des Flandres, à Lille, ce sont des vaches qui peuvent être amenées à entretenir les espaces verts. Des herbivores sollicités aussi par les entreprises pour paître sur leur terrain. Plus de 150 sociétés utilisent vaches, ânes, moutons ou chèvres pour s'occuper des coins de verdure.

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