Comment s'est passée cette semaine de confinement et de scolarisation à domicile ? Nous avons demandé aux parents qui ont témoigné pour France Inter ce lundi. Cinq jours plus tard, où en sont Angela, Jean-Louis, Livia et Isabelle ?

Cela fait une semaine que les parents font classe à leurs enfants, deux semaines pour les Corses
Cela fait une semaine que les parents font classe à leurs enfants, deux semaines pour les Corses © Getty / .

Comment s’en sont-ils sortis pour gérer leur télétravail, les courses, la maison et les enfants en même temps, ainsi que leur relation avec les enseignants ? Cette première semaine a été l’occasion d’ajustements pour Angela, Jean-Louis et Isabelle, alors que Livia qui finit sa deuxième semaine de confinement avec ses quatre enfants, en Corse, nous donne quelques indices sur les jours qui nous attendent.

Les espaces numériques de travail remplacés par des échanges de courriels

Pour l’organisation du travail scolaire, les deux premiers jours ont pu être tout à fait ratés pour certains. Les espaces numériques de travail et les solutions officielles proposées par l’Education nationale se sont trouvés surchargés. 

Pour Jean-Louis, avec Pénélope, 10 ans, "on a rattrapé à partir de jeudi", et finalement "on n’a pas trop de contact direct avec la maîtresse, uniquement par mail". C’est surtout sa compagne qui a fait la classe cette semaine, "ça tombe bien, elle rêvait d’être instit", dit-il. 

De son coté, Angela constate que la maîtresse de César, 8 ans, a fini par laisser tomber sa solution initiale, Klassroom. "Elle a basculé sur un système par mail", explique la maman de César, "et de mon coté, je me suis inscrite sur maclasseàlamaison, le système du CNED, que je trouve particulièrement bien fait. Je le conseille à tout le monde". C’est tellement bien fait, qu’elle considère qu'à la fin de cette expérience "on pourra peut-être constater que César est mieux instruit comme ça, par rapport à ce qu’il faisait à l’école avant".

Isabelle, elle, constate que sa fille Claire, 9 ans, n’est pas toujours "emballée" par les propositions de la maîtresse, à savoir faire une gazette, et Camille, sa sœur jumelle, a un professeur qui envisage de changer de méthode, passer à quelque chose de plus interactif, "mais je ne sais pas du tout comme cela va se passer". 

Du coté de Livia, en Corse, après deux semaines, "les enseignants se sont réorganisés pour donner du travail sur toute la semaine. Chacun a trouvé son rythme". Pour ses deux collégiens, Vincent et Camille, et pour son fils lycéen, il a fallu se mettre sur les bons fuseaux horaires, pour avoir des connexions fluides : "on se connecte tôt le matin, ou plus tard le soir, pour que ça marche mieux. Donc il faut se lever plus tôt le matin". 

Reste le stress des collégiens et des lycéens. Frédéric, le mari de Livia qui est enseignant, constate que les élèves sont angoissés, car "ils veulent montrer qu’ils travaillent bien". Globalement au bout de deux semaines, "les choses commencent à prendre forme", constate Livia.  

"Les enfants nous sollicitent beaucoup"

"Pénélope a l’air de s’y faire", dit Jean-Louis en évoquant le confinement et les nouvelles habitudes quotidiennes. Le matin à 7h30, elle se lève, prend un petit-déjeuner et commence ses devoirs. De temps en temps, elle sort dans la courette commune aux voisins. 

Chez Livia, il fallu rééquilibrer l’organisation de la journée et notamment "permettre à Vincent de se détendre 3 heures par jour, maintenir du sport pour tout le monde, imposer une pause entre midi et deux, en famille, sans portable et sans écran, puis un temps de sieste pour le bébé. Les grands retravaillent un peu le soir, après récupération du travail du lendemain sur internet." 

"Claire et Camille me sollicitent énormément", explique Isabelle, "par contre on a l’habitude de beaucoup sortir, pour rendre visite à leurs grands-mères, et là elles se sont très bien habituées à rester à la maison, elles profitent mieux de leurs chambres et de leurs jouets, et ne se plaignent pas. Vendredi on n’a même pas mis la télé, et on a passé beaucoup de temps à faire des cookies et des puzzles".

Dès 7h30, César est sur le pont, il fait ses devoirs, mais "il a besoin de ses copains, ça lui manque". Ses enseignants de son cours de russe ont eu la bonne idée d’organiser un rassemblement par l’application Zoom, et "ça c'est vraiment très bien, car les enfants ont eu un vrai moment de vie en groupe" constate Angela, Pour le reste "nous nous sommes arrangés pour qu’il ait un emploi du temps très strict, demi-heure par demi heure, mais c’est vrai que tout seul il s’ennuie, et me réclame beaucoup".

"On garde le sourire pour nos enfants"

Chez Livia, comédienne, chaque soir, toute la famille participe à l'enregistrement d’un sketch, "et puis, on se détend et on essaie de regarder un film rigolo", explique-t-elle. "On garde le sourire pour nos enfants", dit-elle, alors que des nouvelles de l’extérieur amènent l’annonce d’un proche ou d’une connaissance malade. 

Isabelle tient beaucoup à ce que ses filles ne sortent pas, "je n’ai pas envie que ça dure longtemps ce confinement, c’est important d’être rigoureux". Angela essaie de jongler avec des cours de piano dispensés par WhatsApp, et les occupations de César. Elle insiste sur le moment où elle dessine avec son fils, "ça me détend moi aussi" .

Jean-Louis compte bien assurer une semaine de scolarisation un peu plus ludique à Pénélope, "la semaine prochaine c’est mon tour, je vois les choses de manière plus théâtrale, je crois que je vais carrément installer un tableau noir, à la Ducobu", annonce-t-il

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