Claire Krepper, secrétaire générale adjointe du syndicat d'enseignants SE-Unsa, en charge de l'éducation était l'invitée du journal de 13h. Elle estime notamment que "les protocoles sanitaires publiés par le ministère ne sont pas déclinés et organisés concrètement".

Pré-rentrée 2020 dans une école de Brest
Pré-rentrée 2020 dans une école de Brest © Radio France / Nolwenn Quioc

Une série de recommandations du ministère, publiées vendredi soir, doit aider les chefs d'établissement à organiser au mieux les récréations, la cantine, le sport, l'éducation musicale ou encore la vie en internat.  Le ministre de l'Education a confié que "le retour de tous les élèves à l'école" mardi serait son principal sujet de préoccupation.

Sur de nombreux sujets, le ministre préfère renvoyer les décisions au "bon sens" et au "discernement" des acteurs locaux, ce que dénonce précisément Claire Krepper.  

"La rentrée pourrait mal tourner en cas de contamination"

FRANCE INTER : Dans quel état d'esprit se trouvent les enseignants à la veille de la rentrée ? 

CLAIRE KREPPER : Les enseignants sont heureux que tous les élèves reprennent le chemin de l'école, c'était très important, notamment de redonner confiance aux parents pour que tous les enfants soient scolarisés,mais,  ils sont très stressés, car la rentrée pourrait mal tourner en cas de contamination. Ils redoutent des fermetures trop rapides. Donc les enseignants souhaitent qu'on prenne toutes les mesures pour que les écoles restent ouvertes et accueillent les enfants toute l'année. 

L’école n’est pas totalement prête pour faire face à l’épidémie car le protocole n’est arrivé que jeudi soir très tard. La rentrée était déjà préparée et les enseignants n’ont pas envie de tout remettre à plat à la dernière minute.

"On a l'impression que le ministre n'a rien appris et qu'on va revivre le temps des préconisations à géométrie variable et qui arrivent toujours trop tard". 

"Tout reste à faire" 

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé le lancement d'un "Grenelle des professeurs" pour revaloriser le salaire des enseignants et leurs conditions de travail. Que se passera-t-il si une classe ou un école doit être fermée, notamment pour les parents ? 

CLAIRE KREPPER : Dans un tel scénario, le ministre assure que des tests seront réalisés pour "remonter la chaîne de contamination et prendre des mesures d'isolement".  Lorsqu'un cas sera "confirmé", l'élève ou le personnel devra être placé en isolement, ainsi que les personnes susceptibles d'être des contacts à "risques" au sein de l'établissement, a précisé le ministère vendredi.

Mais nous dénonçons l'impréparation de ce type de scénario, notamment pour la garde des enfants. Les protocoles ne sont pas déclinés et organisés concrètement ; le ministre renvoie la balle au bon sens, et aux collectivités territoriales pour un accueil périscolaire. Mais en fait, rien n’a été discuté avec les mairies pour organiser un accueil si on doit fermer des classes, ou passer à des demi-groupes. Tout reste à faire.  

"Cela fait vingt ans que les enseignants perdent du pouvoir d'achat"

Qu'attendent les enseignants du Grenelle des professeurs, alors que les premières négociations salariales ont été interrompues en début d'année ? 

CLAIRE KREPPER : "La première préoccupation était la revalorisation de leur rémunération, car ça fait vingt ans qu'ils perdent du pouvoir d'achat. Cette ouverture de négociations nous l'attendions depuis un an déjà, on attendait 500 millions d'euros et désormais elle est abaissée à  400 millions". 

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