L'allongement du congé paternité permettrait de mieux répartir l'impact d'une naissance sur la carrière professionnelle des hommes et des femmes. Le gouvernement vient de commander un rapport sur cette question à l'IGAS.

Faut-il allonger le congé paternité ? Certains pères le souhaitent et le pratiquent déjà
Faut-il allonger le congé paternité ? Certains pères le souhaitent et le pratiquent déjà © Maxppp / AltoPress / Anne-Sophie Bos

L'inspection générale des affaires sociales a été saisie conjointement par Marlène Schiappa, Gérald Darmanin, Muriel Pénicaud et Agnès Buzyn. Elle doit étudier toutes les possibilités d'allongement, de meilleure rémunération et de meilleure information quant à ce dispositif.

Actuellement, après le congé de naissance obligatoire de trois jours, le congé paternité est de 11 jours, optionnel et indemnisé par l'Assurance maladie. Sept pères sur dix l'utilisent.

Créer un lien avec son enfant

Mais certains papas ont choisi de vivre, dès maintenant, des congés plus longs. C'est le cas de Benjamin Peyrot des Gachons, le patron de la branche française du site de pétition en ligne "Change.org" : il termine un congé paternité de trois mois qui lui a permis d'accueillir avec sa femme leur troisième enfant, Michèle.

"C'est certains qu'avec 11 jours aujourd'hui on ne peut pas profiter pleinement de son bébé" explique Benjamin Peyrot des Gachons. "Récemment on a introduit la nourriture solide. Toutes ces petites choses qui sont des pas énormes pour les enfants, on peut les vivre ensemble."

Benjamin et sa femme Kama Peyrot des Gachons voulaient tous les deux vivre les "jolis moments", mais les corvées aussi. Et donc bien répartir la charge liée à l'arrivée d'un enfant dans une famille qui en a déjà deux, puisque Michèle a deux frères de cinq et huit ans.... et la fatigue qui va avec, explique Benjamin Peyrot des Gachons : "Un enfant c'est quelque chose. Deux enfants c'est autre chose. Trois enfants c'est encore une autre aventure. Impossible de faire des plans à l'avance, on s'adapte au jour le jour. Il faut faire face à l'épuisement que représente un troisième enfant et gérer au mieux".

"J'ai pu avoir du temps pour moi, et me reposer" explique Kama Benjamin Peyrot des Gachons. "On alternait également qui se levait le matin pour s'occuper des enfants, les emmener à l'école. Et ça fait du bien de ne pas avoir toute cette charge à 100% sur une personne pendant que le conjoint est au travail, ou ailleurs."

Les clichés ont la vie dure

Ce choix de congé paternité surprend dans l'entourage du couple. "Pour eux ce n'est pas dans la norme qu'un homme prenne trois mois de congé" explique Kama Peyrot des Gachons. Ce que confirme son mari qui entend régulièrement : "J'espère que tu passes de bonnes vacances"...

Kama et Benjamin Peyrot des Gachons ont conscience aussi que sans un coup de pouce des entreprises et de la loi, seuls quelques privilégiés pourront vivre l'arrivée d'un enfant de manière égalitaire.

Le congé paternité

Le congé paternité et d'accueil de l'enfant, instauré en 2002 par Ségolène Royal, prévoit que le père peut prendre, en plus des trois jours de naissance obligatoire, 11 jours calendaires (ils incluent donc le week-end) ou 18 jours pour une naissance multiple. 

Un congé mal indemnisé puisque le salaire pris en compte ne peut pas dépasser le plafond mensuel de la sécurité sociale; sans compter que sur cette somme, la CPAM retire un taux forfaitaire de 21% : certains pères préfèrent donc ne pas l'utiliser et préfèrent déposer des congés ou des RTT pour rester plus longtemps auprès de leur nouveau-né. 

Pour estimer le montant prévisionnel de vos indemnités journalières de paternité

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