[scald=62867:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La police examine les communications sur téléphones portables passées entre Dominique Strauss-Kahn et plusieurs protagonistes d'une affaire de proxénétisme à Lille, avant une probable audition de l'ancien patron du Fonds monétaire international, selon plusieurs médias.

Cette instruction où huit personnes sont mises en examen et cinq écrouées a mis au jour des voyages avec des prostituées en 2010 et 2011 à Paris et aux Etats-Unis au profit apparent de Dominique Strauss-Kahn, organisés par des entrepreneurs locaux et un policier.

Plusieurs médias ont publié ces derniers jours des textos de Dominique Strauss-Kahn retrouvés par la police dans la mémoire des téléphones portables de certains protagonistes, dont Fabrice Paszkowski, entrepreneur et militant socialiste lillois.

Ces messages, publiés par le journal Libération de jeudi, paraissent accréditer l'idée que Dominique Strauss-Kahn convenait avec lui de rencontres dans divers endroits d'Europe, Vienne, Madrid, ou Gand en Belgique, de rencontres avec des femmes. Il n'est pas question explicitement de prostituées.

Contacté par Reuters, Me Henri Leclerc, avocat de l'ancien favori des sondages pour la présidentielle, s'est refusé à tout commentaire.

Fabrice Paszkowski est écroué depuis fin octobre pour "proxénétisme en bande organisée, association de malfaiteurs, abus de biens sociaux", de même que David Roquet, employé d'une filiale du groupe de BTP Eiffage, autre organisateur présumé de ces voyages.

"DSK" ne peut être poursuivi pour ses relations éventuelles avec des prostituées, qui ne sont pas illégales en France. En revanche, le bénéfice des dépenses payées par David Roquet et Fabrice Paszkowski peut constituer un "recel d'abus de biens sociaux" s'il en avait connaissance.

Interrogée sur I-télé jeudi, la candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly, ancienne juge d'instruction, a fait état de cette possible qualification juridique.

David Roquet met en cause Eiffage qui, selon lui, connaissait ces pratiques. La société nie et s'est constituée partie civile. Elle dit avoir mis au jour 50.000 euros de dépenses frauduleuses de David Roquet pour payer des prostituées.

La Cour de cassation ayant rejeté une demande de "dépaysement" du dossier mercredi, les juges lillois sont à même de procéder rapidement à l'audition de Dominique Strauss-Kahn, qui a devancé leurs voeux en annonçant qu'il souhaitait être entendu.

L'un des voyages s'est déroulé à New York en mai, juste avant l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn après la plainte d'une femme de chambre d'un hôtel de Manhattan pour agression sexuelle.

Après l'abandon des poursuites dans cette affaire, Dominique Strauss-Kahn est rentré en France le 4 septembre, où le parquet de Paris a classé sans suite une autre plainte déposée par l'écrivaine Tristane Banon, pour une agression sexuelle en 2003 jugée prescrite mais avérée par le parquet de Paris.

Thierry Lévêque, édité par Eric Faye

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