Les habitants se sont mobilisés contre cette autorisation
Les habitants se sont mobilisés contre cette autorisation © MaxPPP

Depuis près de 50 ans, l’entreprise Alteo est autorisée à rejeter ses déchets d’alumine, d’arsenic et de mercure au large de Marseille. Le préfet de la région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur a prolongé cette autorisation contre l’avis de Ségolène Royal, ministre de l’écologie.

Six tonnes de « boues rouges » sont déversées chaque jour, dans la mer Méditerranée par cette entreprise qui fabrique de l’aluminium. La décision du préfet de région, d'autoriser Alteo à continuer, a été prise suite à un avis positif du Conseil supérieur de prévention des risques technologiques rendu le 22 décembre dernier.

Ségolène Royal, ministre de l’écologie, avait annoncé dès le mois de novembre être contre cette mesure. Celle-ci aurait été prise pour sauvegarder les 400 emplois de l’entreprise Alteo et les 250 des sous-traitants qui travaillent pour cette entreprise.

Solène Demonet de France Nature environnement :

Ce n’est pas parce qu’on crée de l’emploi, qu’on a le droit de polluer et qu’on a le droit de déroger aux règles.

Un délai de six ans pour se mettre aux normes

Alteo a investi 25 millions d’euros ces sept dernières années pour limiter ces rejets en mer. Des rejets qui ont été divisés par 10 depuis 2008. L’entreprise demandait 30 ans pour se mettre aux normes, elle n’en a que six.

François-Michel Lambert, député écologiste :

Le projet est atteignable, nous mettons la pression positive, collaborative avec l’industriel et dans trois ans nous trouverons la réponse et dans trois ans nous aurons de l’eau de qualité agricole dans le tuyau.

Les pêcheurs inquiets

Les pêcheurs du Port de Marseille sont inquiets pour leur fonds de commerce.

Michel Meacci, pêcheur professionnel :

Maintenant moi je ne les mets plus les filets : quand on prend un poisson qui vient de là-bas, on n’a pas besoin de mettre de safran parce que l’eau pour ébouillanter est déjà toute rouge.

Des experts, des municipalités et nombre de citoyens étaient opposés au projet mais le préfet a assuré la pérennité du site de Gardanne, qui est le plus grand centre mondial de production intégré d’alumines. L'association Robin des Bois a, notamment, pris position contre cet avis.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.