Confinement, couvre-feu, commerces fermés, cinémas inacessibles... Depuis près d'un an, la lutte contre la Covid-19 a demandé des sacrifices plus ou moins grands, partout dans le monde et notamment en France. Nous avons tenté de chiffrer précisément ce que nous vivons depuis mars 2020.

Une salle de cinéma parisienne (presque) vide en octobre 2020
Une salle de cinéma parisienne (presque) vide en octobre 2020 © AFP / Valentino Belloni / Hans Lucas

Ce sont des phrases qu'on commence à beaucoup entendre, à quelques jours de l'anniversaire du début du premier confinement : "Cela fait un an que les Français sont confinés", "Les restrictions durent depuis un an", "Un pays paralysé depuis un an"... Et c'est vrai que nous avons tous l'impression d'être un peu prisonniers depuis des mois. Certains bien plus que d'autres, notamment quand les restrictions ont des conséquences économiques, sociales, sanitaires, psychologiques, etc.

Mais au-delà du ressenti, qu'avons-nous vécu concrètement, réellement, voire mathématiquement ? Nous avons voulu poser à plat, en chiffres, cette difficile réalité.

259 jours d'état d'urgence sanitaire, avec des conséquences diverses

Après les premiers cas officiellement annoncés de coronavirus en France, en janvier 2020, les choses se sont rapidement accélérées. Et les décisions prises, par exemple, en Chine ou en Italie, que l'on observait à distance au départ, finissent par devenir envisageables, puis incontournables en France. La plus longue de ces mesures, c'est l'état d'urgence sanitaire, qui dure encore aujourd'hui (16 mars 2021) et a duré 259 jours, du 23 mars au 10 juillet puis à partir du 17 octobre. Entre ces deux périodes, un certain optimisme avait poussé à appliquer une loi "organisant la sortie de l'état d'urgence sanitaire".

Dans le cadre de cet état d'urgence, les mesures n'ont pas été les mêmes pour tout le monde au niveau national. Les périodes les plus marquantes, où absolument toute la population était contrainte, ce sont les deux confinements : du 17 mars au 10 mai puis du 30 octobre au 15 décembre 2020. Interdiction de sortir en-dehors des cas prévus par la fameuse "attestation de déplacement dérogatoire" que nous avons tous appris à utiliser en version papier ou numérique.

Depuis, ce confinement a été un peu allégé en couvre-feu au niveau national : à partir de 20h du 15 décembre 2020 au 15 janvier 2021, puis dès 18h depuis le 15 janvier. C'est encore le régime général qui s'applique aujourd'hui.

Pour le reste, on est dans le cas par cas. Les écoles, collèges et lycées ont par exemple été totalement fermés du 16 mars au 10 mai 2020. Idem pour les universités, qui ont elles été également fermées aux cours en présentiel du 30 octobre à aujourd'hui, avec quelques exceptions, alimentant le malaise étudiant depuis plusieurs mois.

Commerces dits "non-essentiels", restaurants, bars, théâtres et cinéma ont eux aussi subi deux périodes de fermeture forcées, dont l'actuelle qui s'éternise et menace notamment les domaines de la restauration et de la culture.

100 jours de confinement au total, plus de 200 sans restaurants ni cinémas

Si l'on fait le total de ces périodes de restrictions, on constate que la situation est bien plus difficile pour certains que pour d'autres.

Ainsi, la plupart des citoyens français ont été bloqués chez eux 100 jours au total, le temps cumulé des deux confinements. Une période où les déplacements professionnels, en cas d'impossibilité de télétravail, restaient possibles. Le couvre-feu au niveau national, lui, dure depuis 90 jours. Les écoliers sont les mieux lotis, avec "seulement" 55 jours sans aller à l'école, une situation que le gouvernement tente de préserver à tout prix.

En revanche, on constate à quel point, dans certains domaines, on se rapproche de cette fameuse "année blanche" évoquée ces derniers jours. Si les commerces présentés comme "non-essentiels", par exemple, ont subi 84 jours de fermeture totale, on monte à 215 jours pour les bars et restaurants. Une situation encore pire dans le monde de la culture : si l'on ne regarde que les cinémas, par exemple, ils ont connu 235 jours de fermeture totale depuis un an. Presque les deux tiers d'une année partis en fumée.