L'Insee a comparé ces "deux périodes atypiques de surmortalité" qui ont eu lieu en France "dans le passé récent".

"La canicule a été un épisode de surmortalité plus intense que le Covid, mais ça a été un épisode plus court", explique Valérie Roux de l'Insee.
"La canicule a été un épisode de surmortalité plus intense que le Covid, mais ça a été un épisode plus court", explique Valérie Roux de l'Insee. © AFP / Hans Lucas / Romain Longieras

Le Covid-19 a été plus meurtrier en France que la canicule survenue en 2003, mais l'épidémie a été moins "intense" compte-tenu de sa durée plus longue, selon des chiffres de l'Insee, l'Institut national de la statistique, publiés dans une étude vendredi qui compare les données de ces deux épisodes. "Dans le passé récent, ce sont les deux périodes atypiques de surmortalité qui ont eu lieu en France. Les autres épisodes sont les grippes hivernales mais elles se répètent chaque année", indique Valérie Roux, cheffe du département démographie à l'Insee, à France Inter.

Dans les faits, l'épidémie de coronavirus a engendré entre le 10 mars et le 8 mai (60 jours) une surmortalité d'environ 27 000 décès par rapport aux années précédentes, contre une surmortalité de 15 000 décès constatée pendant l'épisode de chaleur qui s'est abattu sur la France entre le 1er et le 24 août 2003 (24 jours). "La canicule a été un épisode de surmortalité plus intense que le Covid, mais ça a été un épisode plus court. Au final, on a plus de décès supplémentaires lié au Covid que pour la canicule", confirme Valérie Roux.

La canicule a causé en moyenne 638 décès supplémentaires par jour contre 455 pendant la vague épidémique

Au total, en France métropolitaine, 47 000 décès toutes causes confondues avaient été enregistrés pendant la canicule de 2003 contre 31 700 en moyenne sur la même période au cours des trois années précédentes (1999-2002), période de référence. Pendant l'épisode de Covid-19, 124 100 décès ont été comptabilisés contre 96 800 en moyenne sur la même période au cours des années 2016-2019.  

Population de plus en plus âgée

L'écart entre les deux phénomènes s'explique notamment par l'augmentation et le vieillissement de la population constatés ces dernières années. Les personnes de 60 ans ou plus, principales victimes de la canicule comme du coronavirus, représentaient 21% de la population en 2003 contre 27% en 2020. 

"Dix sept ans se sont écoulés entre ces deux événements. La population est aujourd'hui plus nombreuse et plus âgée. Si l'on avait la même canicule qu'en 2003, cet épisode n'aboutirait pas à 15 000 mais à 24 000 décès. Les deux tiers de l'écart entre les deux phénomènes s'explique par un effet de structure de population." 

"Nous avons noté les ressemblances et les différences entre les deux épisodes. Dans les deux cas, l'excédent de décès a augmenté avec l'âge, notamment à partir de 50 ans. Mais pendant la canicule, la différence a été beaucoup plus marquée avec les plus jeunes que pendant le Covid", note Valérie Roux de l'Insee.   

Canicule et Covid, les régions touchées différemment 

Si la canicule a affecté l'ensemble du pays, toutes les régions n'avaient pas été touchées de la même façon et davantage de décès avaient été constatés en Île-de-France et en Centre-Val de Loire. L'épidémie de Covid-19 a une nouvelle fois fortement touché l'Île-de-France, mais aussi le Grand Est. "C'est un autre élément de ressemblance, à propos de l'Île-de-France. Je ne sais pas si les causes sont les même, mais le nombre de décès a doublé, pendant les deux épisodes, dans la région Île-de-France, alors que c'est une région jeune", détaille Valérie Roux.   

L'épidémie de coronavirus, qui a déjà causé au moins 31 095 décès en France, connaît actuellement un rebond, avec une hausse des cas de contamination et des hospitalisations.

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