Pour cette 22e édition de Paris Photo, plus grande foire du secteur au monde, 30 pays, 168 galeries et 31 éditeurs internationaux sont attendus sous les verrières du Grand Palais à partir de ce jeudi. Et "Curiosa", une sélection de photos qui montrent le regard des photographes femmes sur le corps nu et l'érotisme.

Bouzbir vulve, l'une des œuvres de Fatima Mazmouz exposées à Paris photo
Bouzbir vulve, l'une des œuvres de Fatima Mazmouz exposées à Paris photo © Fatima Mazmouz

"Curiosa" ce sont 200 mètres carrés de photos de nus des 50 dernières années : photos d'archives, photomontages, autoportraits et mises en scène.

Depuis les années 60, les femmes photographes osent un érotisme subversif. À Paris Photo, on peut voir ces clichés anti-cliché signés par Natalia LL dans la Pologne communiste et ses jeunes femmes blondes très "provoc" avec des bananes dans la bouche. Ou les photos cinquième degré de Renate Bertlmann avec ses femmes coiffées de capotes aux couleurs pop.

Toutes ces artistes libèrent la photo du regard masculin sur les corps des femmes, simple objet de désir souvent "fétichisé". 

On s'arrête devant les clichés de l'artiste franco marocaine Fatima Mazmouz

Devant nous, des nus féminins, mais si on s'approche, on comprend que ces photos sont en fait une mosaïque de minuscules photos… dérangeantes. "Ce travail est fait à partir de cartes postales coloniales explique Fatima Mazmouz. On voit des prostituées qui étaient mises à la disposition des militaires français. 

Au fur à mesure qu'on s'approche, cette photo se présente vraiment comme une mosaïque de toutes petites photos de vulve. 

Parce que, à partir du moment où on dit qu'effectivement ces femmes étaient réduites à leur aspect sexuel, quand on le met en avant on comprend que la guerre coloniale s'est aussi faite sur ce terrain-là."

FatimaMazmouz - BOUZBIR - UTERUS - origine Casablanca - Le quartier réservé - Type de jeune marocaine
FatimaMazmouz - BOUZBIR - UTERUS - origine Casablanca - Le quartier réservé - Type de jeune marocaine / FatimaMazmouz

Aujourd'hui seules 20 % des photographes sont des femmes, mais elles créent une autre représentation du corps féminin. Des corps qui désirent, qui pensent et pas seulement des corps objet de fantasme masculin : soumission, stiletto, bondage et cuir

Le salon met à l'honneur les femmes photographes

Autre originalité de ce salon : un parcours à travers l'histoire de la photo féminine en une centaine d'images. Intitulé "Elles x Paris Photo", il présente des œuvres des débuts de la photo à aujourd'hui et débute au cœur de la foire et se prolonge au Petit Palais, au Jeu de Paume, à la Fondation Cartier et dans d'autres lieux... Une volonté de remédier à un manque de reconnaissance, nombre de femmes photographes souffrant encore aujourd'hui d'un manque de visibilité.  

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