Après la tragédie de Gênes, les interrogations en France. Selon un audit du réseau routier dévoilé début juillet, un tiers des 12 000 ponts sous la responsabilité de l'Etat nécessiteraient des travaux de rénovation et dans 7% des cas il faudrait une intervention d'urgence.

Le 3 décembre 2003 à Givors, le tablier d'un pont s'effondre.
Le 3 décembre 2003 à Givors, le tablier d'un pont s'effondre. © AFP / Jean-Philippe KSIAZEK

Début juillet, un audit externe suisse sur le réseaux routiers et les ouvrages d'art sous responsabilité de l'Etat et non des communes, des départements ou des autoroutes, a été remis au ministère des Transports qui l'avait commandé. Un résumé a été rendu public : il souligne d'importantes faiblesses par endroit. Concernant les ponts, sur les 12 000 non concédés, 7% présentent des dommages importants.

Des chiffres qui posent d'autant plus questions qu'on ne parle ici que des ponts sous responsabilité de l'État. 

Le plus souvent, ce sont de petites réparations, note l'audit, afin de prévenir l'apparition de dégradation structurelles. Pourtant, pour d'autres les dommages sont plus sérieux. Selon le suivi réalisé régulièrement par les services compétents, donc l'observatoire national de la route, 122 ponts en 2016 nécessitaient une intervention urgente. 

  • C'est en Guyane que les ouvrages sont les plus dégradés : 1 sur 10 est concerné. 
  • En Méditerranée, on en compte 36.
  • Dans le Massif central 16.
  • Dans l'Ouest 11.

La carte précise n'est pas publique, mais les services suivent ces ouvrages, tandis que des dizaines de milliers de ponts sous responsabilité départementale ou communale ne sont pas inspectés et entretenus faute de moyens.

Sans efforts financiers de l'État, il ne sera pas possible de conserver nos ponts en état

Ce que dit aussi cet audit réalisé par des Suisses pour le ministère de l'Écologie, c'est qu'au train où vont les choses, en clair, avec le budget actuel, dans 20 ans, 6% des ponts seront hors service. L'audit pointe une dégradation grave et inéluctable. Il juge nécessaire de faire un effort de 4 ou 7 fois supérieur pour préserver les ponts actuels.

Une fois ces projections en main, il revient à l'État de décider son plan de travaux en fonction du coût et de la gêne occasionnée pour les usagers. 

Faut-il financer de gros travaux sur des ouvrages très vétustes, voire les reconstruire ou faire un entretien de routine, moins coûteux, sur un plus grand nombre de ponts afin de les maintenir dans le temps ? 

En termes de budget, dit l'audit, la France fait mieux que les pays du Sud mais moins bien que ceux du Nord.

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