"Fair", en anglais, ça signifie "franc", "honnête", "loyal", "sans tricherie"... Et "play", bien sûr, c'est « le jeu »... "Fair-play": "jeu franc, honnête, loyal et sans tricherie"... On respecte les règles du jeu et l'on respecte l'adversaire... On ne l'humilie pas s'il perd et on le félicite s'il gagne... L'élégance et la dignité, dans la victoire comme dans la défaite... On emploie l'expression en politique notamment: au moment d'une élection, normalement s'il est "fair-play", le candidat battu félicite celui qui a été élu. Mais à l'origine, c'est bien un terme sportif... En fait, "fair-play" vient semble-t-il du cricket, jeu typiquement britannique. Au cricket, on dit d'un coup qu'il est "fair play" quand il est réussi, et l'on dit "unfair play", quand la balle du lanceur est jugée dangereuse pour la sécurité de l'adversaire... En France, c'est au milieu du XIXème que le terme apparaît pour la première fois, dans la presse, sous la plume du journaliste Charles de Montalembert... Puis c'est le baron Pierre de Coubertin, réinventeur des Jeux Olympiques modernes, qui fait la promotion de l'expression, entrée depuis dans le langage courant. Or ce qui est drôle, c'est qu'en anglais, on ne dit plus trop "fair-play"... On dit plutôt "sportmanship", ça signifie sportivité, mais "Fair-play", en anglais, c'est un petit peu vieillot, légèrement démodé... En France également, d'ailleurs, certains mots empruntés à l'anglais sont aujourd'hui désuets. Par exemple, on ne rêve plus devant les "speakerines" - il n'y a plus de "speakerines"... On ne dit plus trop, et sans doute est-ce dommage, que l'on va prendre un "drink". C'est vieillot, démodé, de dire que l’on va prendre boire un "drink". On ne va plus non plus au "dancing", éventuellement, on va "clubber"... En revanche, on continue d'employer quotidiennement de nombreuses expressions tout droit venues de la langue anglaise... Petit exemple personnel... Hier soir, j'ai retrouvé la "baby-sitter" en train de lire un "best-seller" sur le "rocking-chair" du "living-room". Elle sirotait un "milk-shake" et mangeait un "hot-dog" acheté au "fast-food". J'ai failli perdre mon "self-contrôle", d'autant que j'ai l'impression qu'elle est un petit peu "pickpocket"... Si ça se trouve elle prépare un "hold-up". Du coup, j'ai pris mon regard de "cow-boy", prêt à lui faire mon "one-man-show". Mais elle m'a dit que j'étais "has been"... Puis elle a fait glisser son "sweat-shirt", j'ai laissé choir mon "duffel-coat" et là, rapidement j'ai compris qu'elle était au "hit-parade" des "sex-symbol"... Là, elle m'a murmuré: "Do you want to play with me"... Mais oui, avec plaisir... "OK... On va s'amuser sans les mains"... Comment ça, sans les mains ? Soudain, j'ai repensé à la main de Thierry Henry... Et j'ai eu honte. J’ai eu très honte. Puis j'ai choisi de noyer ma honte dans un whisky irlandais. Chronique (Le Dernier Mot) du 20/11/09 dans "Et pourtant elle tourne"

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