Près de 70% des personnes accueillies sont au chômage, contre 10,3% dans la population générale
Près de 70% des personnes accueillies sont au chômage, contre 10,3% dans la population générale © MaxPPP

Comme chaque année au mois de novembre, le Secours catholique présente son rapport sur les contours de la pauvreté. Cette année, l’association insiste sur le thème de la mobilité, préoccupation au centre des 1.425.000 personnes passées par ses portes.

Edité chaque année au mois de novembre, le rapport du Secours catholique entend présenter "les contours de la pauvreté" en France sur la base de ses statistiques d’accueil de l'année écoulée. En chiffres, ce sont quelque 1.425.000 personnes passées par l'association l'an passé. Cette année, l’association insiste particulièrement sur les énormes difficultés des plus démunis pour se déplacer, un thème rarement abordé que l'association a choisi pour sa « Une », intitulée cette année "La fracture mobilité"...

Epuisement, découragement… et isolement

Nombreux sont les démunis qui n'ont plus de voiture parce que trop chère (carburant, entretien, assurance, frais de stationnement...). Se déplacer devient alors pour eux un combat, tant pour aller au travail, que pour trouver un emploi, faire ses courses, se soigner, rester en lien avec famille ou amis. D’autant que les transports en commun ne sont pas toujours accessibles, notamment hors des grandes villes : problèmes de fréquence des passages, de dessertes, de tarifs. Avec, en bout de course, des personnes épuisées, découragées et isolées.

> Consultez l'intégralité du rapport sur le site du Secours catholique

"La question de transports aggrave les situations de pauvreté. Avec 535 euros par mois, le revenu médian des personnes que nous rencontrons, on passe forcément aux transports en commun, mais il n’y en a pas toujours suffisamment. Les régions ont la main sur cette variable, et il faut absolument qu’elles s’emparent de ce problème", explique Véronique Fayet, présidente du Secours catholique.

> Ecoutez Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique :

Au terme du rapport, on constate que la part des mères célibataires (30%) recule pour la première fois. Idem pour les couples avec enfants (23%). La part des personnes sans aucune ressource augmente (18,1%). Et si 18% des personnes accueillies ont un emploi, ce dernier est très précaire, c'est-à-dire en temps partiel et/ou en intérim). Près de 70% des personnes accueillies sont au chômage, contre 10,3% dans la population générale.

Agnès, trois heures de ménage par jour loin de chez elle

Agnès, 59 ans, coiffeuse, habite dans l'est de la France. Après une perte d’emploi, cette mère célibataire a enchainé les petits boulots avant de décrocher un CDI… trois heures par jour de ménage en entreprise, loin de son domicile. Faute de voiture tombée en panne, qu'elle ne peut réparer avec 900 euros par mois et un fils à élever, Agnès part tous les jours à l'heure du déjeuner et ne rentre qu'à 21h. Au cœur des difficultés de son quotidien, le manque de transport en commun.

> Sandrine Oudin l’a suivie dans sa galère, dans l’Est de la France près de Mulhouse :

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