ségolène royal parle de "boules puantes" au sein du gouvernement
ségolène royal parle de "boules puantes" au sein du gouvernement © reuters

La ministre de l'Ecologie et de l'Energie réclame un "débat public" sur la question du changement d'heure. Ségolène Royal veut des données précises sur la réalité des économies d'énergie que le dispositif permet de réaliser.

C'est un vieux débat. De ceux qui reviennent sur la table chaque année depuis près de 40 ans. Et qui n’a pas manqué de faire sa petite réapparition avec le passage à l’heure d’été le week-end dernier. Faut-il – ou pas – avancer nos montres, pendules, téléphones et autres appareils connectés d’une heure au mois de mars ? La ministre de l’Ecologie a relancé le sujet sur Twitter.

Le changement d’heure remonte à 1976, juste après le 1er choc pétrolier. Pour limiter l’éclairage artificiel et faire des économies, les autorités décident d'aligner les heures de travail sur les heures d'ensoleillement. Depuis 1998, les dates de changement d'heure sont harmonisées au sein de l'Union européenne : le passage à l'heure d'été s'y effectue le dernier dimanche de mars, celui à l'heure d'hiver le dernier dimanche d'octobre.

Un dispositif contesté

Selon une étude de l’Ademe (Association de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) une heure d'éclairage en moins permet d'économiser 10 centimes par foyer. 440 GWh ont ainsi été économisés en 2009, soit la consommation d'environ 800.000 habitations.

Thierry Salomon est le porte parole de l'association Megawatt

Le changement d’heure a pourtant ses détracteurs. Ils mettent en avant la généralisation des ampoules basse consommation qui ne consomment presque rien. Ils pointent aussi des perturbations des rythmes biologiques : certaines personnes peuvent souffrir de troubles de l'endormissement, de l'attention, de l'appétit, et d'une baisse de la capacité de travail. Les activités agricoles seraient aussi impactées : les producteurs de lait sont formels : leurs vaches produisent un lait de moins bonne qualité et en moindre quantité au moment du changement d'heure. Les experts préconisent donc un retour à l’heure unique. Et les Français ont tendance à partager leur avis. Un sondage BVA du week-end dernier montre que 58% d'entre-eux sont opposés à l'heure d'été.

Eric Bonnet, directeur des études chez BVA

La piste russe ?

La Russie, elle, est définitivement repassée à l'heure d'hiver l’an dernier après avoir testé pendant plusieurs années un changement d'heure. Le président Vladimir Poutine a signé en juillet 2014 une loi qui cale définitivement la Russie à l’heure hivernal (GMT +3) pour éviter « les pannes d’oreiller » et les « petites vaches laitières qui n’y comprennent rien », comme le disait son prédécesseur Dmitri Medvedev. La question n’est toutefois pas si simple : la Russie est traversée par 11 fuseaux horaires entre les frontières de l’Union Européenne et les confins du Pacifique : cinq régions de la Fédération ont donc finalement été contraintes à conserver l’heure d’été…

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.