L’Ile-de-France vient de lancer sa campagne hivernale d’hébergement d’urgence. Cette année, le gouvernement prévoit, à travers sa réforme du logement, des solutions supplémentaires pour héberger ceux qui vivent dans la rue. Mais si le nombre de places est bien en augmentation, le problème n’est pas réglé pour autant.

En 2016, 10% des personnes hébergées d'urgence par l'État ont pu ensuite accéder à un véritable logement
En 2016, 10% des personnes hébergées d'urgence par l'État ont pu ensuite accéder à un véritable logement © Maxppp / Bruno LEVESQUE

Dès l’automne, les associations se préparent à loger d'urgence une population sans domicile fixe toujours plus nombreuse. Le gouvernement, de son côté, présentait le 11 septembre dernier les grands axes de sa réforme du logement : 50 000 places supplémentaires pour venir en aide aux plus précaires. 

En Île-de-France, où le nombre de place d’accueil s’affiche en augmentation, c’est le préfet de la région Michel Cadot qui a lancé la campagne hivernale d'hébergement d'urgence, ce 3 novembre, avec la visite d’une structure d’accueil parisienne : le "Palais de la femme"

Le préfet Michel Cadot à la rencontre de personnes hébergées au Palais de la Femme
Le préfet Michel Cadot à la rencontre de personnes hébergées au Palais de la Femme © Radio France / Radio France

"La situation économique est difficile", explique Michel Cadot, qui rappelle qu'il y a "un afflux migratoire qui a également entraîné l’afflux de nombreuses personnes qu’il a fallu héberger".

La  préfecture se dit prête pour cet hiver, avec 2750 places d'urgences disponibles. Elle promet aussi, entre département, une meilleure coordination du 115, à l’efficacité souvent critiquée. 

Du logement d'urgence à un vrai 'chez-soi'

Ce numéro, Laura l'avait composé en janvier dernier. Elle vit depuis dans une chambre du palais de la femme, avec sa fille de 5 ans. Elle n'a pas pu dire au préfet ce qu'elle attend de l'état : "Je préférerai qu’ils nous sortent d’ici. Ici c’est bien, un appartement, un studio, mais je préférerai être chez moi".

Laura, 24 ans, dans sa chambre du 'Palais de la femme' depuis janvier dernier
Laura, 24 ans, dans sa chambre du 'Palais de la femme' depuis janvier dernier © Radio France / Radio France

Un nombre grandissant d'hébergement d'urgence c'est bien, mais les efforts doivent être désormais fait sur le logement pérenne, comme le demande Ivan Grimaldi, directeur pour l'inclusion sociale à l'Armée du Salut, qui gère cette structure d'accueil pour les femmes : "On ne peut pas se satisfaire de l’ouverture de gymnase, de centres intercalaires, c’est-à-dire des établissements parisiens voués à d’autres fonctions, comme des maisons de retraite en attente de rénovation".

Finalement on se satisfait aussi d’une sorte de 'chronicisation' de la précarité, y compris chez les professionnels 

En 2016, sur les 100 000 personnes hébergées par l'état en Ile-de-France, près de 10 000 ont pu accéder à un véritable logement, soit 1 personne sur 10.

Yvan Grimaldi de l'Armée du Salut aux côtés du préfet Michel Cadot au Palais de la Femme, le 3 novembre 2017
Yvan Grimaldi de l'Armée du Salut aux côtés du préfet Michel Cadot au Palais de la Femme, le 3 novembre 2017 © Radio France / Radio France
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