Greenpeace et les Amis de la Terre montent au créneau face au projet de bioraffinerie de Total à La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. Une raffinerie qui risque de faire bondir les importations françaises d'huile de palme.

Des militants écologistes manifestent contre la création de cette raffinerie dite "bio" par Total mais qui utilise de l'huile de palme.
Des militants écologistes manifestent contre la création de cette raffinerie dite "bio" par Total mais qui utilise de l'huile de palme. © AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

On se souvient des engagements de la COP 21 à Paris pour limiter la déforestation dans le monde. Pourtant, le groupe Total s’apprête à ouvrir dès cet été à La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, une "bioraffinerie". Et pour l'alimenter, le groupe pétrolier va importer 550 000 tonnes d'huile de palme par an.

Les organisations de défense de l'environnement ne décolèrent pas. Car comment expliquer que l'on fasse de la reforestation l'une des priorités du plan-climat tout en laissant construire une usine qui va importer une telle quantité d'huile de palme ?

Une source majeure de déforestation

Les trois quarts de l'huile de palme que l'on consomme passent dans nos pleins de diesel. Cela a pu paraître, sur le papier, plus vert que le pétrole. Ça ne l'est pas du tout, insiste Sylvain Angerand, des Amis de la Terre : "La culture du palmier à huile, c’est la principale cause de déforestation en Indonésie et en Malaisie, les deux principaux pays producteurs."

Toutes les études scientifiques convergent et montrent que l’huile de palme, c’est  le pire des biocarburants. Ça a un impact trois fois pire que le diesel fossile.

Au-delà de la déforestation, c'est la biodiversité qui est menacée. Avec la disparition de la forêt, un certain nombre d'espèces, comme les orang-outans, perdent leur habitat.

Une demande massive

Face aux critiques, Total serait prêt à se fournir en huile de palme certifiée durable. Mais c'est loin de régler le problème toujours, explique Sylvain Angerand. 

"Ça déplace simplement le problème ailleurs. Si votre demande continue d’augmenter, l’Europe va se donner bonne conscience en achetant de l’huile de palme certifiée. Mais la Chine, l’Inde et tous les autres pays consommateurs vont aller cultiver dans les forêts. Donc il faut qu’on se  pose la question d’une demande limitée."

En janvier, le Parlement européen s'est dit favorable à l'élimination progressive de l'huile de palme dans les carburants d'ici à 2021. La discussion est en cours. L'occasion, pour les ONG, de demander à la France un peu de cohérence et de fermeté pour faire pencher la balance du bon côté.

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