Les migrants de Calais tentent leur chance en se cachant dans des camions en partance pour l'Angleterre.
Les migrants de Calais tentent leur chance en se cachant dans des camions en partance pour l'Angleterre. © MaxPPP / ARNAUD DUMONTIER

L’association Calais Migrant Solidarity a publié ce lundi 11 mai une nouvelle vidéo prouvant la violence des forces de l’ordre avec les migrants installés dans la ville. La police des polices, l’IGPN va enquêter.

C’est une vidéo de deux minutes, filmée d’assez loin, mais les images sont clairement compréhensibles. On y voit des policiers frapper violemment des migrants, les pousser de l’autre côté d’une barrière, ou encore les intimider en frappant une rambarde avec leur matraque. Des scènes, en plein jour, filmées par Calais Migrant Solidarity (CMS). L’association a diffusé cette vidéo ce lundi 11 mai sur son site internet, provoquant la saisine de l’IGPN, l’inspection générale de la police nationale.

"Des exemples du quotidien" selon l’association

L’association CMS affirme avoir filmé ces images au lendemain d’une visite à Calais de Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur. "Ces images ont été capturées le 5 mai 2015, dès 8h du matin et tout au long de la journée, sur la branche d’autoroute menant au port ferry de Calais (A216), peut-on lire sur le site de CMS. Ce sont juste quelques exemples du quotidien : l’ordinaire de la brutalité policière à l’encontre des candidats au passage entre Calais et l’Angleterre, qui tentent de se dissimuler dans les camions."

► ► ► SUR LE WEB | L’association Human Rights Watch avait déjà diffusé une vidéo du même genre en janvier dernier.

Ainsi dans la vidéo, l’association intercale entre chaque scène, des extraits du discours du ministre la veille. "Calais est pour moi le laboratoire de ce que la République peut produire de meilleur" voit-on notamment dans la vidéo. Ou encore :"Nous menons une politique d’ensemble cohérent avec humanité, exigence et réalisme" . CMS ironise "on voit bien ce que les policiers ont retenu de son discours."

"Les circonstances précises seront examinées"

Dès la diffusion de la vidéo, l’inspection générale de la police nationale a donc été saisie. L’IGPN enquêtera et "les circonstances précises de cette intervention seront examinées rapidement" apprend-t-on de la direction. Il est même précisé : "tout manquement avéré aux règles déontologiques sera sanctionné." Evidement il le faudra affirme Ludovic Hochart, s’il s’agit effectivement de violences gratuites. Mais le délégué du syndicat Unsa-Police pour la côte d’Opale demande le respect de la présomption d’innocence pour ses collègues : "ce sont des bribes d’images , un montage, il faudra visionner le film en entier, prévient-il, pour savoir si les policiers ne répondent pas à une agression."

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