Après deux mois et demi de confinement et davantage de fermetures des classes, les "colos" ne savent toujours pas à quoi va ressembler l’été. Le gouvernement a promis qu’elles pourront accueillir des enfants. Les professionnels se préparent dans le flou. Reportage dans le Loir-et-Cher.

Michel Jouve et Marlène Jumert gèrent la colonie de vacances "Far West" à Sargé-sur-Braye dans le Loir-et-Cher et s'adaptent aux mesures sanitaires liées à l'épidémie de coronavirus
Michel Jouve et Marlène Jumert gèrent la colonie de vacances "Far West" à Sargé-sur-Braye dans le Loir-et-Cher et s'adaptent aux mesures sanitaires liées à l'épidémie de coronavirus © Radio France / Rémi Brancato

"C'est très vide et cela ne devrait pas". Dans le grand parc de la "Colo Far West", à Sargé-sur-Braye, dans le Loir-et-Cher, Marlène Jumert n’attend plus que les enfants. Avec Michel Jouve, ils gèrent ce camp de vacances pour enfants de 6 à 12 ans et n’avaient jamais connu un printemps comme celui-ci. "Normalement en ce moment nous avons toutes les sorties scolaires mais là les tipis ne sont pas encore montés" constate Marlène.

En entrant dans le village des indiens, la responsable administrative "ferme le portail car comme il n'y a pas d'enfants en ce moment, on laisse les poneys profiter de toute l'herbe du Parc". Ici, plus de 800 enfants viennent habituellement chaque été passer 7 à 14 jours en colonie.

Les tipis n'ont pas encore été montés pour cet été
Les tipis n'ont pas encore été montés pour cet été © Radio France / Rémi Brancato

Un protocole sanitaire inédit 

Mais cet été les gérants ont choisi de réduire la taille des groupes, en attendant le protocole sanitaire du gouvernement, qui s’annonce "plus souple" que celui prescrit pour les écoles, selon Gabriel Attal, le secrétaire d’Etat à la jeunesse

Ici, la colonie est organisée en trois villages : les indiens, les cow-boys et les trappeurs. Sur chaque village, seuls 44 enfants seront encadrés par 6 animateurs, contre près du double habituellement. "Il y aura quatre enfants au lieu de huit dans chaque tipi" montre Michel Jouve, le gérant.

Et pour éviter tout risque de contamination, les groupes de 50 personnes ne pourront pas entrer en contact les uns avec les autres. Des "centrales" pour le nettoyage renforcé des lieux communs, comme les réfectoires, ont été commandés. Du produit virucide sera régulièrement aspergé après leur utilisation. Un protocole réfléchi qui sera adapté aux préconisations gouvernementales.

Deux fois moins d'enfants qu'un été normal

"D'habitude, l'été, sur le site on est entre 50 et 60 et cette année, malheureusement, ce sera presque moitié moins d'animateurs, on va bien réduire le personnel et on est obligé économiquement" explique Marlène. Malgré cela, avec deux fois moins d’enfants, les recettes vont baisser : "Nous allons travailler à perte, on le sait, mais il y a beaucoup de familles qui ont une nécessité de faire partir leurs enfants en colo" avance Michel. Et certains postes ne peuvent pas disparaître, quelque soient la taille des groupes : "il faut du personnel pour le nettoyage et en cuisine".

La colonie n'attend plus que ses jeunes trappeurs
La colonie n'attend plus que ses jeunes trappeurs © Radio France / Rémi Brancato

La "colo far west" pour passer cette année 2020 a donc contracté un prêt garanti par l’État, qu’il faudra rembourser l’an prochain et donc faire, en 2021, "une bonne année". Mais pour l’instant, les réservations sont basses pour cet été plus qu’incertain, avec une cinquantaine de dossiers seulement, contre 700 en temps normal déjà déposés début juin.

Des réservations quasiment inexistantes

Le gros problème de Marlène et Michel, ce sont les comités d’entreprise et les municipalités qui financent habituellement une partie des colonies, et qui rechignent à lancer les inscriptions. "On a trouvé un petit peu dommage que les municipalités abandonnent si vite" lâche Marlène, tout en constatant, depuis quelques jours, que certaines reprennent contact et relancent le démarchage auprès des habitants.

"Après deux mois de confinement dans un appartement, je pense que les enfants n'ont besoin que de ça : de vacances au vert et de se changer les idées" estime Marlène, qui accueille chaque été "80% d'enfants des villes". 

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