Le Comité national contre le tabagisme, association de non-fumeurs, a déposé une plainte pour mise en danger de la vie d'autrui contre quatre fabricants de tabac. Selon le Comité, certaines marques contiendraient dix fois plus de nicotine et de goudron qu'affiché.

Les fabricants de tabac accusés de mentir sur les teneurs en goudrons et nicotine
Les fabricants de tabac accusés de mentir sur les teneurs en goudrons et nicotine © Maxppp / Lionel VADAM/PQR/L'EST REPUBLICAIN

British American Tobacco (dont Dunhill, Lucky Strike), Philip Morris (dont Marlboro), Japan Tobacco (dont Camel)  et Imperial Tobacco (dont Peter Stuyvesant) sont soupçonnés par le Comité de lutte contre le tabagisme (CNCT) de truquer les teneurs officielles en goudrons et nicotine.

Les teneurs ne sont plus affichées sur les paquets de cigarettes depuis mai 2016 et la loi qui impose le paquet neutre en France. Mais la plainte du Comité nationale contre le tabagisme insiste sur le caractère trompeur du dispositif, d’abord pour le consommateur de cigarettes. Le Comité estime que les fumeurs ont été trompés jusqu'à cette date et continuent à l'être : 

Les fumeurs qui pensent fumer un paquet par jour en fument en fait l’équivalent de deux à dix. C'est ce qu'on appelle le "filtergate".

Des filtres percés

Ce que soupçonne le CNCT, c'est que les filtres des cigarettes ont des micros trous qui laissent passer plus de produit que prévu. Ainsi, lorsque des analyses des teneurs en goudrons et nicotine sont effectuées, les chiffres sont plus bas que ce qu'inhalent réellement les fumeurs. 

Le professeur Yves Martinet, pneumologue, président du CNCT, explique au micro de Danielle Messager :

C'est facile : vous ouvrez le filtre (...), vous allez voir des petits trous si vous regardez à la lampe torche. 

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Yves Martinet, président du CNCT

Par Danielle Messager

Selon le CNCT, tous les fabricants ont recours à cette technique. La seule différence réside dans le nombre de lignes de trous : certaines cigarettes n'ont qu'une ligne de trous, d'autres en ont jusqu'à quatre. Mais dans tous les cas, les fumeurs ne sont pas informés sur la quantité exacte de composants nocifs qu'ils inhalent. 

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