Graffittis haineux sur la mosquée de Saint Etienne en février 2010
Graffittis haineux sur la mosquée de Saint Etienne en février 2010 © Sipa/Pascal Fayolle

La communauté musulmane s'inquiète du climat délétère qui l'entoure depuis les tueries de Charlie Hebdo et de Vincennes. L'observatoire contre l'islamophobie du conseil français du culte musulman a fait état, lundi, d'une cinquantaine d'actes hostiles depuis mercredi dernier.

Une trentaine de menaces verbales, lettres, insultes ou croix gammée ont été constatées. Mais aussi une vingtaine d'actions physiques : du jet de pierre, aux incendies en passant par les tirs d'armes à feu. Les chiffres proviendraient du ministère de l'intérieur.

Ce décompte est dressé hors Paris et sa petite couronne. La nomination d'un préfet chargé de coordonner la sécurité des sites cultuels - juifs et musulmans - rassure à peine les fidèles.

Selon Azzedine Gassi, imam de la mosquée de Villeurbanne :

Il ne faut pas tomber dans la psyschose et la paranoïa, mais il y a une peur qui se développe.

Manuel Valls a assuré lundi soir sur Twitter "ses compatriotes musulmans de son soutien"

En attendant, certaines femmes qui portent le voile, hésitent à faire leurs courses dans certains quartiers. Les hommes eux, à porter la djellaba par crainte d'agression ou d'insultes. Les musulmans disent craindre aussi la fin d'une certaine trêve de la fraternité observée ces derniers jours et donc une multiplication plus forte encore d'actes islamophobes.

Le reportage de Béatrice Dugué

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