Dans les profondeurs de l'océan Arctique, les déchets, notamment plastiques, s'agglutinent. C’est la conclusion glaçante d’une nouvelle étude allemande.

La pollution plastique représente 47 %, avant le verre (26 %) et la corde (11%).
La pollution plastique représente 47 %, avant le verre (26 %) et la corde (11%). © Maxppp / James Hardy

Des sacs plastiques, des vieux filets de pêche, des débris de verre. Les scientifiques de l’Institut Wegener (AWI) pour la recherche polaire et marine trouvent de plus en plus de détritus dans le détroit de Fram, situé entre le Groenland et l’archipel du Svalbard. Ils ont analysé les résultats de deux stations d’observation sur les 21 qui scrutent les fonds marins dans ce secteur. Un système de caméra embarquée qui permet de prendre des milliers de photo, jusqu’à 2.500 mètres de profondeur. Conclusion : sur l’une de ces stations, celle située le plus au nord (baptisée N3), il y a 20 fois plus de déchets qu’il y a dix ans.

À 47 % (65 % si on ne considère que la station la plus au sud), la plus haute proportion de déchets sont en plastique. Puis c'est le verre (26 %), la corde (11 %), le métal (7%), les tissus (6%) puis les papiers, cartons, poteries et bois (4%).

Le plastique, première pollution des fonds marins.
Le plastique, première pollution des fonds marins. © Radio France

Certes, l’océan Arctique est encore loin d’être une décharge : 89 détritus ont été comptabilisés au total. Mais en extrapolant, les chercheurs parviennent à des densités de près de 3.500 pièces par km². Pour la station N3, cette densité atteint plus de 8.000 pièces par km² . Une densité comparable, comme l'indiquent les chercheurs, à celle observée en Espagne dans le canyon du Cap de Creus au large de la Costa Brava.

En 2011, les scientifiques constatent un pic net, qui ne s'est pas affaiblit depuis.
En 2011, les scientifiques constatent un pic net, qui ne s'est pas affaiblit depuis. © Radio France

Autre conclusion de l’étude, dans cette région du monde pourtant loin de tout, une partie de la pollution est locale. Des débris de verre ont été retrouvés au fond de l’eau, or le verre n’est pas transporté par les courants, il coule à pic. Pour les chercheurs il faut chercher l’explication du côté de l’augmentation du trafic maritime. Plus la glace recule, plus il y a de bateaux : "la densité des déchets pourraient être mise en corrélation avec le nombre de bateaux entrant dans le port de Longyearbyen (Svalbard) ainsi que le nombre de navires de pêche actifs, qui a aussi augmenté avec le recul de la glace".

►►► Les explications de Sandy Dauphin

En revanche, les chercheurs ont plus de mal à expliquer l’accumulation de plastique. Ils avancent une nouvelle théorie : le plastique transporté par les courants marins est piégé dans la glace l’hiver. Il est relâché l’été au moment de la fonte et entrainé vers le détroit de Fram.

Les chercheurs de l’institut Wegener s’inquiètent. L’océan Arctique, un écosystème si fragile, va-t-il devenir le prochain dépotoir de plastique ?

►►► La vidéo réalisée par la NASA

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