Le festival du Film indépendant de Sundance dans l'Utah (États-Unis) a démarré ce jeudi soir avec une centaine de films au programme. Cette édition 2018 est marquée par les nombreuses affaires de harcèlement et agressions sexuelles dans le milieu du cinéma et par les mouvements "Me Too" et "Time's Up".

Le fondateur du festival de Sundance Robert Redford, Keri Putnam du Sundance Institute et John Cooper directeur du festival
Le fondateur du festival de Sundance Robert Redford, Keri Putnam du Sundance Institute et John Cooper directeur du festival © Radio France / Valérie Cantié

Harvey Weinstein était un habitué du festival de Sundance. Cette année bien entendu, il n'y est pas mais son nom revient régulièrement. Car loin d'êtres terminées, les révélations sur des affaires de harcèlement et agressions sexuelles résonnent ici dans l'Utah. Au moins deux actrices (Rose Mc Gowan et Louisette Geiss) ne l'accusent-elles pas de les avoir agressées lors du festival par le passé ? Que savaient les organisateurs du festival des agissements du producteur, figure du cinéma indépendant américain, qui a lancé des stars comme Matt Damon, Ben Affleck ou encore Gwyneth Paltrow ? 

Le lancement de l'édition 2018 par l'acteur Robert Redford, fondateur et actuel président du festival de Sundance, par John Cooper, directeur du festival et par Keri Putnam, directrice du Sundance Institute, n'a pas échappé aux questions sur les affaires Weinstein. 

Robert Redford : "Weinstein a profité du festival"

Harvey Weinstein donnait l'impression de s'intéresser au festival. En réalité, il était là pour son propre intérêt et faire du business en achetant des films pour pas cher puis en se les appropriant.

Pour Robert Redford, "les actes dont Harvey Weinstein est accusé relèvent d'une époque qui sera bientôt derrière nous. Lui, et ceux qui ont fait la même chose ne vont pas gâcher le spectacle".

►VOIR | La conférence de presse de lancement du festival Sundance

Keri Putnam, directrice du Sundance Institute, a affirmé que personne dans l'organisation ne connaissait les agissements de Harvey Weinstein au festival de Sundance : "Sundance n'a jamais participé ou encouragé ce comportement. Cela va à l'encontre de nos valeurs. Nous promouvons ici la diversité, la créativité. un état d'esprit à l'opposé de ses agissements."

De son coté, le directeur du festival John Cooper a affirmé : 

Nous avons été écœurés par le comportement d'Harvey Weinstein. 

"Les femmes ont désormais de la voix"

Selon Robert Redford, nous vivons  un moment crucial : "Les choses changent, les femmes vont avoir plus de voix, alors qu'elles n'en n'avaient pas à cause du contrôle et de la domination masculine. Le fait que les femmes vont exercer de plus en plus de pouvoir est  formidable. Ce que les hommes ont de mieux à faire, c'est les écouter !"

Un code de bonne conduite

En réaction aux affaires de harcèlement sexuel dans le cinéma, Sundance a mis en place un "code de bonne conduite". Objectif : créer un environnement "sans harcèlement, sans manque de respect, sans discrimination ou menace".  Le festival se réserve le droit d'interdire tout accès à ceux qui pourraient contrevenir à ce code. 

Le parquet de l'Utah a également ouvert une ligne téléphonique joignable 24 heures sur 24 destinée à recevoir des plaintes pour agression sexuelle pendant le festival : le 801-834-1944.

Les femmes au coeur du débat

Cette année, une manifestation de femmes sera organisée, un an après les grandes marches de femmes qui avaient eu lieu dans tout le pays en réaction aux propos sexistes de Donald Trump. A cette occasion, 8 000 personnes dont l'actrice Charlize Theron avaient défilé dans le froid sous la neige dans la petite ville de Park City où a lieu le festival. Cette année, Jane Fonda devrait mener la manifestation. 3 000 à 5 000 personnes sont attendues. Puis un débat sur "Les femmes qui font tomber les barrières" sera organisé en partenariat avec les Golden Globes. 

►CONSULTER | Le programme du festival de Sundance 2018

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