La Chine arrive en tête de l'enquête Pisa 2018 de l'OCDE dévoilée ce mardi. Pisa évalue les connaissances et les compétences scolaires des élèves de 15 ans. La France, elle, se situe dans la moyenne, mais avec un gros point noir : le poids de l'origine sociale des parents sur la réussite scolaire des enfants.

En France,  20% des élèves favorisés figurent parmi les très performants en compréhension de l'écrit, contre 2% des élèves défavorisés.
En France, 20% des élèves favorisés figurent parmi les très performants en compréhension de l'écrit, contre 2% des élèves défavorisés. © AFP / Martin Bureau

Cette année encore, la France se contentera d'une copie barrée d'un "peut mieux faire". L'enquête Pisa de l'OCDE, qui évalue tous les trois ans les connaissances des élèves de 15 ans dans 79 pays, a été dévoilée ce mardi 3 décembre. Une nouvelle fois, l'Asie truste le haut du tableau. Dans le domaine de la lecture comme celui des sciences et des mathématiques, les métropoles et provinces chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang arrivent en tête, juste devant Singapour, Macao, Hong Kong, l'Estonie et le Canada.

En France, les enfants défavorisés surreprésentés parmi les élèves en difficulté

Pour l'hexagone, pas de révolution par rapport à la précédente enquête Pisa publiée en 2016, avec un niveau comparable en lecture, sciences et mathématiques. La France obtient des résultats légèrement au-dessus de la moyenne des pays riches. "Un score honorable", selon Éric Charbonnier, spécialiste de l'éducation à l'OCDE. 

Elle fait globalement aussi bien que l'Allemagne, la Belgique ou le Portugal, mais moins bien que les États-Unis ou le Royaume-Uni. Et beaucoup moins bien que l'Estonie, l'Irlande ou la Pologne, où un effort important a été fait sur la formation des enseignants et la revalorisation du métier. 

Le système français reste profondément marqué par le poids des inégalités sociales. Ainsi, 20 % des élèves favorisés figurent parmi les très performants en compréhension de l'écrit, contre 2 % des élèves défavorisés. Un différentiel supérieur de 4 points en moyenne par rapport aux autres pays de l'OCDE. 

Il en va de même avec les résultats obtenus en sciences et en mathématiques, corrélés au niveau socio-économique des parents. "Les élèves défavorisés sont surreprésentés parmi les élèves en difficulté", résume Pauline Givord, analyste à l'OCDE. Seuls quelques pays font encore moins bien : Israël, le Luxembourg ou la Hongrie. 

Depuis 2012, la France a décidé de mettre l'accent sur l'école primaire ou sur les écoles des quartiers défavorisés en réduisant le nombre d'enfants dans les classes de CP, CE1 et bientôt en grande section de maternelle. "Il faut espérer que les mesures prises vont porter leurs fruits et seront peut-être visibles dans l'étude Pisa 2027", estime Éric Charbonnier. En attendant, l'OCDE recommande une réflexion plus globale sur le métier d'enseignant ou encore sur les filières professionnelles.

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