L'engorgement des hôpitaux va conduire de plus en plus à recourir à l'oxygénation à domicile. Le gouvernement l'a d'ailleurs mentionné, jeudi dernier, lors du point presse, pour les patients qui sortent de l'hôpital.

L'oxygénation à domicile devient courante, mais quelles sont les conditions de la prise en charge ?
L'oxygénation à domicile devient courante, mais quelles sont les conditions de la prise en charge ? © Maxppp / AltoPress

L'oxygénation à domicile pour permettre aux patients de rentrer chez eux et libérer une place à l'hôpital est une solution récente mais répandue. Elle est en place depuis plusieurs mois, en amont, pour des patients qui restent chez eux. Ces solutions sont-elles à risques ou pas ?

Les conditions de la prise en charge à la sortie de l'hôpital

En sortie de la phase aigüe de la maladie, l'oxygénation à domicile est maintenant devenue courante, même si les conditions sont très strictes : il faut l'accord du patient, un lien permanent entre l'hôpital et le médecin de ville, un infirmier qui passe deux fois par jour. 

Des conditions draconiennes donc, mais une sortie d'hôpital, c'est un lit qui se libère. Et Djillali Annane, qui dirige le service de réanimation de l'hôpital de Garches, n'a jamais été confronté à des patients qu'on aurait dû réadmettre à l'hôpital. "Aujourd'hui les patients qui se sont améliorés, mais qui sont toujours dépendants de l'oxygène, nous les faisons rentrer directement à domicile où ils poursuivent le traitement par oxygène, pendant encore quelques jours à quelques semaines parfois", explique le spécialiste. "C'est le cas de la quasi-totalité des patients qui quittent le service. On n'a eu jusqu'à présent aucune réadmission, aucun retour à l'hôpital. On a adopté ce principe-là dans notre routine aujourd'hui." 

Ca peut aussi éviter d'aller l'hôpital, mais attention à la dégradation rapide

L'oxygénation à domicile permet aussi, parfois, de ne pas aller à l'hôpital. Mais ce n'est pas sans risque, estiment les médecins de ville, comme le docteur Paul Frappé, président du collège de médecine générale. "On se trouve en amont de l'hôpital, c'est une période extrêmement instable et c'est là qu'il y a de nombreuses voix qui s'élèvent pour mettre en garde et ne pas faire n'importe quoi. Il ne s'agit pas de  jouer aux cow-boys car la situation peut se dégrader rapidement. C'est vraiment là que se situe le surrisque."

"Il faut avoir une réactivité suffisante pour pouvoir palier une dégradation éventuelle de la situation qui peut être extrêmement rapide."

La prise en charge à domicile doit se développer pour soulager l'hôpital, mais ne doit pas se faire aux dépens des patients, surtout qu'on constate, avec les variants, des formes plus sévères de la maladie.