L'association de défense des consommateurs voit les choses en grand, et assigne Facebook, Twitter et Google devant le Tribunal de grande instance de Paris. Elle dénonce des atteintes graves à la vie privée dans les conditions d'utilisation des services.

Juriste à l'UFC, Hamal Taleb explique les raisons de son action à Hélène Chevallier.

Vous prenez une photo de vacances...ces réseaux peuvent très bien l'utiliser à des fins commerciales

"Sur les réseaux sociaux, vous êtes vite à poil". Au moins, les choses sont claires : pour l'UFC-Que choisir, les services web comme Google, Twitter et Facebook vous privent de toute intimité devant la terre entière. Le slogan conclut deux petits spots vidéo, diffusés (paradoxalement) sur YouTube, le géant de la vidéo sur Internet... et un service Google.

► ► ► À VOIR | Parité oblige, la version "homme" de la vidéo est aussi disponible

Les deux clips, destinés à mieux faire connaître aux utilisateurs les atteintes à la vie privée que dénonce l'association, apparaissent en parallèle d'un volet judiciaire un peu plus sérieux. L'UFC-Que choisir a en effet décidé d'assigner trois géants du web (Google, Twitter et Facebook), qu'elle accuse de s'approprier de plus en plus de données personnelles sur ses utilisateurs.

Elle avait déjà mis en demeure les trois sociétés en juin 2013, leur demandant de modifier leurs conditions générales d'utilisation de leurs réseaux sociaux. Ces dernières permettraient une utilisation "tentaculaire" des données que les internautes y laissent.

Riposte graduée

Avec cette nouvelle étape (l'assignation), l'UFC-Que Choisir espère mettre de son côté les juges français. Et réclame carrément dans un communiqué la "suppression ou la modification de la myriade de clauses litigieuses imposées par ces sociétés".

Les conditions sont toujours aussi inaccessibles, illisibles, remplies de liens hypertextes - entre 40 et 100 liens hypertextes - renvoyant parfois à des pages en langue anglaise.

Pire, les réseaux persistent à s'autoriser très largement la collecte, la modification, la conservation et l'exploitation des données des utilisateurs et même de leur entourage. Ils s'octroient toujours, sans l'accord particulier des utilisateurs, une licence mondiale, illimitée et sans rémunération, d'exploitation et de communication des données à des partenaires économiques.

Troisième étape, l'UFC-Que Choisir fait aussi appel aux utilisateurs eux-mêmes en lançant sur son site une pétition pour réclamer de "garder la main" sur ses données.

► ► ► À LIRE | La pétition sur le site de l'UFC-Que Choisir

Évidemment, la question du poids de ces actions dans un monde du web dominé par les géants américains se pose. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les "frenchies" s'attaquent aux réseaux sociaux et autres services en ligne. Le mois dernier, c'est Google qui était condamné par la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) à une amende de 150.000 euros... et surtout à une mauvaise publicité sur sa page d'accueil. Les conditions d'utilisation, elle, n'ont pas vraiment bougé.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Google manque de chance

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