[scald=82935:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'un des juges d'instruction chargés de l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002 au Pakistan, Marc Trévidic, se dit victime de harcèlement de la part de sa hiérarchie.

Le magistrat, juge d'instruction antiterroriste à Paris, a saisi l'Union syndicale de la magistrature (USM, syndicat majoritaire) pour se plaindre de comportements à son égard.

Selon son entourage, il explique qu'il n'est plus saisi depuis quelque temps de procédures nouvelles, à ses yeux à dessein.

Il affirme avoir fait l'objet de mesures vexatoires comme l'annulation sans motif de formations prévues de longue date. Il rapporte qu'on lui a cherché querelle à propos d'un supposé incident avec un photographe au Palais de justice.

L'USM a interpellé la hiérarchie et notamment le président de la cour d'appel de Paris Jacques Degrandi, qui dans l'hebdomadaire Marianne assure que le juge Trévidic "manque à ses obligations déontologiques". Il n'y a cependant aucune procédure disciplinaire et l'incident serait clos, selon l'entourage du juge.

Juge d'instruction ayant succédé en 2007 à Jean-Louis Bruguière, Marc Trévidic a ouvert une nouvelle piste dans l'attentat qui a fait 15 morts dont onze Français travaillant à la construction de sous-marins en 2002 au Pakistan.

Une première piste islamiste retenue par la justice pakistanaise s'est avérée un montage et on envisage l'hypothèse d'une vengeance sur fond de litige concernant le paiement des commissions en marge du marché des sous-marins.

Selon ce scénario, s'il est exact, des officiels pakistanais ou des islamistes qu'ils manipulaient auraient commis l'action pour faire pression sur la France et/ou régler des contentieux internes au Pakistan sur le partage de l'argent. Un total de 84 millions d'euros de commissions avait été convenu, a montré une mission d'information parlementaire.

Du fait de Marc Trévidic, une autre information judiciaire confiée à d'autres magistrats a été ouverte sur une affaire de corruption présumée en France.

Deux proches de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire - ex-directeur de campagne d'Edouard Balladur - et Thierry Gaubert, sont déjà mis en examen dans ce dossier, ainsi que Ziad Takieddine, intermédiaire, et l'ancien ministre UMP Renaud Donnedieu de Vabres.

Par ailleurs président de l'Association française des magistrats instructeurs, Marc Trévidic n'a pas mâché ses mots contre Nicolas Sarkozy en 2011 lors d'une passe d'armes entre le chef de l'Etat et la magistrature sur un fait divers où l'Elysée évoquait un dysfonctionnement.

Marc Trévidic avait alors reproché dans une interview au président de la République d'être un "récidiviste" de la mise en cause injuste des juges, et suggéré de lui appliquer "une peine-plancher".

Thierry Lévêque

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