Selon une étude, 92% des hommes entre 25 et 34 ans portent la barbe, là où plus de la moitié des hommes de 35 ans préfèrent un rasage de près. La barbe est-elle l’incontournable tendance ou est-elle déjà démodée ? La rédaction de franceinter.fr s’est coupé les cheveux en quatre pour tenter de répondre à la question.

Cette photo prouve qu'à France Inter le sujet sur la barbe a détendu l'ambiance au pôle web de la rédaction
Cette photo prouve qu'à France Inter le sujet sur la barbe a détendu l'ambiance au pôle web de la rédaction © Getty / Andi Weiland / EyeEm

Le débat ne manque pas de piquant : quand plus de neuf hommes sur dix, dans la tranche d’âge de 25 à 34 ans, portent la barbe (selon un  sondage commandé par un fabricant de rasoirs), est-il encore branché, “hype” ou même pertinent de persister dans l’entretien d’une pilosité faciale ? 

Les barbus célèbres ne manquent pas, de Claude Monet à Edouard Philippe, de Jean-Chrysostome Dolto à Ryan Gosling, à des degrés différents de longueur et de taille de barbe. Mais faut-il suivre le modèle de ces personnalités célèbres ? 

Il n’existe pas de réponse incontestable à cette question, et au moment de traiter le sujet, la rédaction de franceinter.fr s’est écharpée sur le sujet. Nous avons donc décidé d’ouvrir la parole à chacun des camps. 

Pour la barbe : une mode, quelle mode ?

Oui, je porte la barbe. Je ne sais pas si je la porte bien, mais je la porte. Depuis quelques mois, à vrai dire, depuis cette période où je me suis retrouvé bloqué à l'automne dernier dans un hôtel américain, sans rasoir ni tondeuse sous la main, par la météo. Au bout de deux semaines, barbe hirsute et de retour en France, je me suis entendu dire - et pas qu'une fois - que la barbe, c'était pas si mal. Alors je l'ai gardée, et mieux entretenue - au point que le "Guide pratique de la barbe" s'est retrouvé sous le sapin de Noël en décembre dernier.

Aujourd'hui, j'entends dire que c'est un effet de mode, que tout le monde porte la barbe parce que "ça fait bien". Et alors ? Serait-ce l'apanage du XXIe siècle ? Des barbes, il y en a eu chez les Grecs, militaires comme philosophes, chez les Byzantins, puis chez nos artistes du XIXe siècle (cherchez donc, Monet, Manet, Rodin, Renoir, Courbet, Cézanne, et tant d'autres). Monet s'entendait-il dire : "Votre Déjeuner sur l'Herbe est bien beau, je vous l'assure, mais par pitié, rasez-moi cette barbe !"

Je ne crois pas (tant pour la barbe que pour le tableau, d'ailleurs). Et dans les années 60 et 70 ? Regardez les chanteurs de l'époque ? Delpech, Fugain, Le Forestier ? Certes, il y a des exceptions (Michel Sardou n'a jamais porté la barbe), mais là encore, la pilosité faciale montre son intemporalité. Porter la barbe massivement, aujourd'hui, c'est un signe d'engagement. Une façon de ne laisser la barbe ni aux hipsters, ni aux zadistes, ni aux clichés. 

Le seul argument que je pourrais retenir, c'est "ça pique". Je plaide coupable. Et alors ? Je vous retournerais que faire la bise à quelqu'un qui porte des lunettes peut aussi tenir du tour de force. 

Contre la barbe : messieurs, un seul mot :  "Avancez à visage découvert... soyez vous mêmes"  

La barbe, si elle ne s'était pas répandue comme une épidémie, aurait gardé ses lettres de noblesse et de distinction.  

Tu imagines la conversation au bureau.

"Qui est Julien ?     - C'est le barbu de la rédaction  - Ah ! le type qui aime Super Mario   - Non, l'autre barbu   - Celui que j'ai croisé la semaine dernière ?   - Mais non, celui-là ne vient qu'occasionnellement      - Mais lequel alors ?     - Celui qui aime Michel Sardou.   - Ah d'accord, je confondais avec Emmanuel, de la ligue du sud-ouest".   

Voilà. Un quart d'heure pour identifier un type pourtant sympa qui se logue en face de toi tous les jours ou presque.   

On se croirait presque dans certains pays arabes où on en vient à compter les poils de barbe et de moustache pour savoir si l'on a affaire à un salafiste, un Frère musulmans, un moine copte ou un prêtre.   

Ici on élit Mister Barbu dans certaines régions de France, là on a inventé la barbe gonfable et amovible, plus facile d'entretien. Barbe de trois jours ou barbe touffue,  la barbe rend tout homme le clone de son voisin, dans une file d'attente, c'est frappant.   

Ça va changer 

La barbe, ce n'est que de la mode. Celle du XVIe siècle, celle du XIXe siècle et celle du XXIe.   Elle n'est plus symbole de pouvoir, comme pour les pharaons, ni de sagesse comme pour Socrate, ni de mauvaise hygiène comme dans la Rome antique. 

C'est un effet de mode, une viralisation pilosique, qui fait basculer les hommes dans le même camp que Demis Roussos, Carlos, Jésus, Bob Marley et Fidel Castro. Justin Bieber, David Beckham et Georges Clooney se sont cru obligés de s'y ranger. Les pompiers aussi. 

Mais en région lyonnaise, il semble, selon Secours Info, que le service départemental va réviser son règlement intérieur pour imposer un  "rasage net de l’ensemble des sapeurs-pompiers opérationnels". Pour des raisons de sécurité (et d'étanchéité de leur équipement respiratoire). Ah si Beckham pouvait être pompier !    

En Grande Bretagne, une enquête, menée auprès de 2 000 participants, conclut que 43% des femmes interrogées refuseraient de sortir avec un homme qui ne serait pas rasé de près. Ce sont les jeunes femmes qui dans 21% des cas se laissent séduire par les barbus, selon un étude citée dans GQ.  Mais ça va changer. Dans le prochain Avenger, Chris Evans, alias Captain America, n'aura pas de barbe. 

Last but not least, et on le sait depuis longtemps, la barbe ça pique.    

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