Un couple de Bretons, qui souhaitent prénommer leur nouveau-né Fañch, saura ce mercredi s'ils ont le droit d'utiliser cette orthographe à l'état civil.

L'administration française ne reconnait par le tilde sur les prénoms, notamment bretons
L'administration française ne reconnait par le tilde sur les prénoms, notamment bretons © Maxppp / Claude Prigent

En mai dernier, quelques jours après la naissance du bébé, l'état civil de Quimper avait dans un premier temps refusé d'inscrire ce nom, au motif que l'administration française ne reconnaissait pas le tilde (le signe au-dessus du "n") sur Fañch. La mairie avait ensuite fait marche arrière, et la première adjointe avait accepté de faire une exception pour enregistrer ce prénom à l'état civil.

Finalement, les parents ont été convoqués au tribunal d’instance de Quimper au début du mois de juillet, pour rectifier cet état civil. Au motif d’une circulaire du 23 juillet 2014 relative à l'état civil, publiée au Journal Officiel, et qui liste les "signes diacritiques" autorisés par l'administration française. Divers accents et les trémas sont autorisés… Mais le "N" comportant un tilde, présent notamment dans l'alphabet espagnol, n'y figure pas.

Basques et Bretons unis pour sauver le Ñ

Au Pays basque, c’est presque la même histoire. Alexandra Ibañez a lancé au mois d’août une pétition, qui a recueilli plus de 1.000 signatures, et un groupe Facebook intitulé "Touche pas à mon N tildé !". À l’état civil, son fils de six mois s’appelle "Ibanez". Elle aussi demande que le tilde soit reconnu officiellement, elle a écrit au procureur de Bayonne pour demander l’ajout de cet accent.

Les Basques et les Bretons se rejoignent donc dans ce combat qui peut sembler futile, mais qui rejoint les revendications liées aux langues régionales. En Bretagne comme au Pays Basque, plusieurs institutions soutiennent d’ailleurs ces demandes : la mairie de Quimper et le Conseil culturel de Bretagne pour Fañch, l’Office public de la langue basque et les écoles en langue basque Seaska pour Alexandra Ibañez.

Tous demandent que la circulaire, qui n’a pas force de loi, soit réécrite pour intégrer le N tildé. D’autant que d’après le recherches menées par Bernez Rouz, président du conseil culturel de Bretagne, le N tildé figurait dans la langue française, au moins jusqu’au XVIIe siècle...

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