C'est un "choc" dans le paysage syndical : pour la première fois, la CGT est dépassée au niveau national par la CFDT. Elle reste le syndicat numéro un dans les petites entreprises.

Laurent Berger de la CFDT et Philippe Martinez de la CGT
Laurent Berger de la CFDT et Philippe Martinez de la CGT © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Dans le secteur privé, la CGT vient de perdre sa place de premier syndicat des salariés au niveau national. Et c'est le secrétaire général de la CGT lui-même, Philippe Martinez, qui l'a annoncé ce vendredi après une rencontre avec les autres syndicats représentatifs (CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC) :

"Sur le privé, la CGT passe deuxième organisation syndicale avec 24,86% et la CFDT fait 26,38%".

"On l'avait déjà plus ou moins prévu, ça ne fait jamais plaisir d'être deuxième" a reconnu Philippe Martinez, analysant ce résultat comme "un résultat qui montre que ce qu'on craignait, c'est-à-dire qu'on a un déficit d'implantation, se confirme". De son côté, Laurent Berger, numéro un de la CFDT, a salué l'annonce sur Twitter :

Comment est-ce calculé ?

La méthode de calcul de la représentativité des syndicats a été fixée par la loi Larcher de 2008. Pour effectuer le calcul qui a conduit au résultat annoncé ce vendredi, la Direction générale du travail a agrégé les résultats de plusieurs élections professionnelles : celles des élections de fin 2016-début 2017 dans les très petites entreprises (TPE) de moins de 11 salariés, mais aussi celles qui se sont déroulées entre janvier 2013 et décembre 2016 dans les PME et les plus grandes entreprises, ainsi que dans les chambres d'agriculture.

Au final, ces résultats représentent l'expression de 5,3 millions de salariés qui ont voté, soit 200.000 de plus qu'en 2013. Outre le palmarès des syndicats, ce calcul permet d'établir - et c'est le plus important - quelles organisations sont représentatives ou pas au niveau national.

Quels sont les syndicats représentatifs ?

La loi Larcher de 2008 a changé les règles de la représentativité des syndicats. Avant cette loi, un décret de 1966 avait établi qu'il existait cinq organisations représentatives en France : la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et la CFE-CGC, quelle que soit leur audience. Avec la loi de 2008, une organisation représentative est un syndicat qui réunit plus de 8% des suffrages au niveau national (en plus d'autres règles, notamment une ancienneté minimale de deux ans, des règles d'indépendance et une présence dans plusieurs branches dont l'industrie, la construction et le commerce).

Le calcul effectué en 2013 a confirmé la représentativité de ces cinq centrales, tout comme celui qui vient d'être rendu public. Mais cette année l'enjeu était de taille pour la CFTC et la CFE-CGC, proche du seuil des 8%, qui risquaient de perdre leur caractère représentatif. Pour les mêmes raisons, ni l'Unsa ni Solidaires ne sont considérés comme des syndicats représentatifs.

A quoi ça sert ?

Être un syndicat représentatif au niveau national permet de participer aux négociations et de conclure des accords au niveau interprofessionnel, comme par exemple les discussions autour de l'assurance chômage qui ont pris fin cette semaine. Et plus un syndicat a un poids relatif important parmi les organisations représentatives (cf. graphique ci-dessus), plus elle peut peser dans les négociations.

En revanche, cela ne suffit pas pour peser dans les négociations d'une branche ou d'une entreprise : là encore, la loi Larcher a changé les règles. Votée en 2008, cette mesure concernant les branches professionnelles n'entre en vigueur que maintenant : jusqu'à présent, pour être représentatif dans une branche, il suffisait d'être affilié à un syndicat représentatif au niveau national. Désormais, la règle des 8% s'impose aussi. Et elle est même fixée à 10% au niveau d'une entreprise.

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