Après une vaste enquête au Royaume-Uni, l'étude publiée par le British Medical Journal assure que la cigarette électronique n'est pas une "porte d'entrée" vers le tabac chez les adolescents. Ces derniers fument de moins en moins et ont de plus en plus une mauvaise image du tabac en général.

Un modèle avec une cigarette électronique lors de la fashion week à New-York
Un modèle avec une cigarette électronique lors de la fashion week à New-York © AFP / Eduardo Munoz Alvarez

C'est un reproche fréquent fait à la cigarette électronique : elle serait la voie royale vers le "vrai" tabac, celui des cigarettes et des cancers. Du coup, la popularité grandissante de ces produits chez les jeunes inquiètent d'autant plus qu'ils mèneraient à une vie raccourcie de fumeur classique. C'est notamment ce qui a motivé les autorités américaines à imposer des normes draconiennes sur les ventes de cigarettes électroniques.

Pourtant, les chercheurs commencent à battre en brèche cette idée reçue. La dernière étude en date, venue du Royaume-Uni, assure ainsi que le lien entre cigarette électronique et cigarette classique est loin d'être aussi évident qu'on le pensait. Ainsi, l'engouement rencontré par la e-cigarette chez les jeunes n'a pas freiné la baisse du nombre de fumeurs de tabac dans cette même catégorie d'âge. De 1998 à 2015, le pourcentage des 13-15 ans ayant déjà fumé au moins une fois s'est effondré : de 60 à 19 % en 17 ans. La part de fumeurs réguliers est elle passée de 19 à 5 %.

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Des évolutions similaires pour le tabac, l'alcool et le cannabis

Cette baisse se poursuit de la même manière aujourd'hui pour les fumeurs occasionnels, mais elle a légèrement ralenti pour les fumeurs réguliers, en même temps que la popularité de l'e-cigarette augmentait. Mais l'étude estime que faire un lien entre les deux n'a pas de sens dans la mesure où on observe aussi un ralentissement de la baisse de la consommation d'alcool ou de cannabis. "Le changement d'habitudes n'est donc pas exclusif à l'usage du tabac, mais reflète un changement plus large dans les consommations de substances par les jeunes", assure l'étude.

Enfin, les chercheurs britanniques constatent aussi que l'image de la cigarette traditionnelle s'est aussi largement dégradée : en 2015, 27 % des adolescents interrogés jugent acceptable d'essayer la cigarette. Ils étaient 70 % 17 ans plus tôt, en 1998.

Cette étude, si elle déconstruit l'hypothèse d'un passage naturel entre cigarettes électronique et classique, ne doit pas non plus faire oublier qu'on en sait encore peu sur les conséquences sur la santé du vapotage. Une étude américaine sur 100.000 adultes évoque ainsi pour les vapoteurs un risque de crise cardiaque plus élevé (+34 %), mais aussi de maladie coronarienne (+25 %) ou de dépression (probabilité supérieure de 55 %). En revanche, on est tout à fait certain des conséquences qu'a le tabac : 7 millions de morts prématurées chaque année dans le monde.

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