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Selon l’association d’aide aux étrangers, certains médecins exigeraient plusieurs centaines d’euros pour délivrer à des migrants un certificat médical ouvrant droit à une demande de titre de séjour.

Ils sont "nombreux " affirme la Cimade. L’association assure que des médecins réclament le paiement de plusieurs centaines d’euros (quand une consultation classique de généraliste coûte 23€), afin de délivrer le précieux sésame : un certificat médical qui permet aux étrangers de prouver que leur état justifie l'obtention d'un titre de séjour.

Un certificat indispensable

Pour obtenir ou renouveler un titre de séjour sur critères médicaux, les étrangers doivent justifier de gros problèmes psychologiques ou d’une maladie grave (VIH, hépatite, cancer, diabète, etc.) qui ne peuvent être pris en charge dans leur pays d’origine.

La Cimade s’insurge également que des médecins fassent payer aux migrants des dépassements d’honoraires, alors qu’ils n’ont théoriquement pas d’argent à avancer puisqu’ils sont pris en charge par l’Aide Médicale d’État (AME) ou la Couverture Maladie Universelle (CMU).

"Finalement, il y en a qui payent car ils ont vraiment besoin de ce document. Ils risquent trop gros ". Laura Petersell, chargée des questions de santé à la Cimade.

Dans le viseur de la Cimade, on trouve plutôt des médecins de ville, ceux qui sont agréés par la préfecture pour délivrer ces rapports.

"Ces médecins agréés ont tendance, pour une grande partie d’entre eux, à considérer que cet acte de rédiger un rapport médical n’est pas un acte de soin comme un autre, et donc de faire payer les personnes en plus. Certains médecins demandent 90€, d’autres plusieurs centaines d’euros, on a vu de tout ". Laura Petersell, chargée des questions de santé à la Cimade.

Un médecin parisien déjà suspendu

Le 10 mai, la direction de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait d’ailleurs annoncé avoir suspendu un hépatologue exerçant à la Pitié Salpêtrière, soupçonné d’avoir vendu un certificat médical à un migrant. Et une enquête interne laisserait supposer "que d’autres patients dans des situations comparables auraient également été amenés à effectuer de tels versements ", bien qu’aucun chiffre ne soit avancé.

Ces témoignages ont été signalés auprès du ministère de la Santé, qui confirme que les "demandes d’honoraires de la part des médecins sont indues ". Une réunion sera organisée dans la semaine avec les associations, les représentants de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM), ainsi que l'Ordre des Médecins.

Les explications de Solène Le Hen, reporter à France Inter.

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