La viralité est à la fois biologique et comportementale. Une exposition au Palais de la découverte, à Paris, explore toutes les facettes de la contagion.

Le bâillement est une contagion sociale. Un "bâillomètre" permet de tester sa résistance.
Le bâillement est une contagion sociale. Un "bâillomètre" permet de tester sa résistance. © Ciencia Viva

Des maladies infectieuses, aux virus sur internet, en passant par les buzz sur les réseaux sociaux , les fous rires et les bâillements , l'exposition "Viral. Du microbe au fou rire, tout s'attrape" se penche sur la contagion.

Devant un fond gris, des visages défilent sur un écran. La vidéo de deux minutes est simple mais contagieuse. Car les personnes que l'on y voit bâillent toutes. C'est le "bâillomètre" et il est difficile d'y résister. Décrocher sa mâchoire en regardant son voisin le faire, c'est une des facettes de la contagion sociale. Mais ce n'est pas la seule. Il y aussi le rire, l'une des manifestations les plus transmissibles qui soit. Il est donc aussi difficile de résister face à des vidéos de fous rires, cachées sous des boîtes roses. C'est l'une des expériences proposées au Palais de la découverte.

Neurones et empathie

Durant l'exposition, on découvre plusieurs explications quant à la provenance de ces contagions sociales. Pourquoi frémissons-nous quand une aiguille s'approche de quelqu'un ? Pourquoi reculons-nous quand nous voyons une araignée s'approcher d'un pied, même si ce n'est pas le nôtre ? C'est à cause de cellules dans notre cerveau. "Des expériences ont montré que dans le cerveau il y avait des cellules particulières qui allaient répondre en miroir. Si on observe un comportement en train de se faire, par exemple si je vois quelqu'un en train de rire, cela peut activer certaines cellules de mon cerveau", détaille Tanguy Schindler, médiateur scientifique. Ces cellules, ce sont les neurones miroirs.

Une autre notion est aussi importante dans la contagion sociale : l'empathie.

Quand on voit une émotion chez quelqu'un, on a tendance à l'intégrer soi-même. C'est ce qui expliquerait pourquoi quand nous voyons quelqu'un rire, on ressent sa joie.

Alors, êtes-vous plutôt roc impénétrable ou véritable éponge ? Un questionnaire permet de mesurer son niveau d'empathie.

Le "buzz" sur internet

Mais la viralité n'est pas présente seulement dans les domaines de la santé ou de la psychologie. Elle existe également sur internet. Certaines vidéos essaiment comme un traînée de poudre.

"Une des expériences de l'exposition propose une grille d'analyse pour tenter de comprendre pourquoi une vidéo peut devenir virale sur Internet. On propose aux visiteurs de visionner des vidéos et de choisir le critère qui fait qu'ils auraient envie de partager la vidéo", indique Alisson Boiffard, commissaire de l'exposition, en pointant du doigt un écran sur lequel apparaît un chat, miaulant derrière une porte. La vidéo a été vue plus de 4 millions de fois sur internet. Actuellement, la vidéo la plus visionnée sur Youtube reste le clip de la chanson Gangnam Style, de Psy. "Pourquoi celle-ci et pas une autre... On n'a pas vraiment d'explication pour l'instant", avoue la commissaire de l'exposition.

Écoutez le reportage de Louise Raulais

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