Mardi soir, 699 patients dans un état grave étaient en réanimation (contre 400 dimanche) sur un total de 2.579 malades hospitalisés. Tous les hôpitaux se préparent à la vague qui risque de les submerger. C'est le cas du service de réanimation de l’hôpital Cochin.

La progression de l’épidémie à Paris, vue du service de réanimation de l'Hôpital Cochin
La progression de l’épidémie à Paris, vue du service de réanimation de l'Hôpital Cochin © AFP / IMAGE POINT FR / BSIP

L'Hôpital Cochin a connu la première vague vraiment importante de malades, et de malades sévères, le week-end dernier. Par comparaison, ce mardi a été une journée plutôt calme, mais le Professeur Alain Cariou, réanimateur à l’hôpital Cochin, sait que ça ne va pas durer. La mise en place du plan de déploiement des moyens et de mobilisation du personnel et des lits a été accélérée. 

Tout est prêt, d’ailleurs on sait déjà que quand les places manqueront dans le service : on en trouvera d’autres en salle de réveil en soins intensifs, ou même au service de pneumologie.

Car, il ne faut pas l'oublier, "ce n'est pas parce qu'il y a des malades qui ont une infection à Covid, qu'en parallèle les autres maladies s'arrêtent", rappelle Alain Cariou. "Les gens continuent de faire des accidents vasculaires cérébraux, ils continuent de faire des infarctus très sévères ou continuent d'avoir des infections d'une autre nature que le Covid."

Moyenne d'âge, 60 ans  

Pour l’instant 13 lits sur 24 en réanimation sont occupés par des patients atteints de Covid-19. Alain Cariou ne se souvient pas d'une autre situation où il a fallu prendre en charge autant de patients en si peu de temps pour la même raison.

Et ces patients sévères ne sont pas très vieux : âgés de 40 à 70 ans, autant d'hommes que de femmes. "C'est Monsieur et Madame tout le monde," explique-t-il. "Ce sont des gens qui sont allés bosser la semaine dernière, qui avaient une vie normale, et qui d'un seul coup se retrouvent atteints de cette pneumonie. Ce ne sont pas des gens sévèrement malades, ce sont des gens qui ont des petites choses. Une est un peu en surpoids, mais pas beaucoup. Un autre a un peu d'antécédents d'asthme, mais ce n'est pas non plus quelqu'un qui a beaucoup de problèmes respiratoires dans la vie courante."

L'évolution de la maladie est extrêmement rapide

Des patients qui ont quelque chose en commun : une aggravation soudaine et très rapide de leur état. "D'habitude quand les gens ont une pneumonie qui n'évolue pas bien, elle évolue en quelques jours. Là c'est différent, ça va très vite, parfois en quelques heures", constate le réanimateur.

Des patients qui n'avaient pas imaginé se retrouver endormis et branchés à une machine qui les aide à respirer, pendant des jours voire des semaines. "Quand on est dans la situation de devoir être assisté avec une machine pour pouvoir respirer, c'est clairement que le pronostic est engagé."

Alain Cariou s’attend, d’ici une semaine, à voir doubler le nombre de patients Covid dans son service, jusqu’à 30 et même 40 cas mercredi prochain. Il s’y prépare. Il s’attend à des morts aussi. En réanimation, en règle générale, on compte de 15 à 20% de décès.

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