A l'occasion de la journée internationale des droits de l'Enfant, la Défenseure des enfants alerte dans son rapport annuel sur la place consacrée aux moins de six ans dans notre société. Des enfants dont les droits ne sont pas toujours respectés en France.

La défenseure des Enfants constate que les moins de 6 ans sont souvent considérés comme invisibles
La défenseure des Enfants constate que les moins de 6 ans sont souvent considérés comme invisibles © AFP / Thomas SAMSON

Les droits de chaque enfant du monde comme le droit à la santé, à l'éducation, à jouer, mais aussi à être protégé de la violence, sont reconnus par un traité international, ratifié par 195 États, le 20 novembre 1989. Depuis, tous les 20 novembre est célébrée la Journée internationale des droits de l’Enfant.  Cette date correspond également à la remise par la Défenseure des enfants de son rapport annuel sur la situation en France. Un rapport consacré cette année au moins de 6 ans.

Ils sont souvent considérés comme invisibles 

Dans son rapport, la Défenseure des enfants met en avant de nombreux exemples où les droits des moins de 6 ans sont mal, voir pas du tout pris en compte : des structures comme les écoles maternelles mal adaptées aux plus petits, des enfants victimes de discrimination pour accéder à un mode de garde collectif.

Geneviève Avenard note également avoir été régulièrement saisie pour des cas de très jeunes enfants enfermés avec leurs parents dans des centres de rétention. Elle cite l'exemple de ce bébé de 7 mois. La préfecture a estimé que son âge ne lui permettait pas de comprendre la situation et donc que l'enfermement n'aurait pas de conséquence sur son évolution psychologique. Une méconnaissance grave des besoins de l'enfant, estime Geneviève Avenard : "Les enfants ont une conscience et une compréhension, dès leur naissance, de l'environnement dans lequel ils vivent, donc on ne peut pas dire que ça n'a aucun effet sur eux. Nous recommandons donc avec fermeté que les enfants ne soient pas accueillis dans les centres de rétention administrative avec leur famille."

Une loi pour interdire les châtiments corporels

Autre point sur lequel la Défenseure des enfants recommande fortement à l'État d'agir : l'interdiction par une loi des châtiments corporels, appelés également violences éducatives ordinaires. Geneviève Avenard insiste sur le fait qu'aux violences physiques s'ajoutent les violences psychologiques : "L'humiliation, les mots, peuvent blesser aussi les enfants et entraîner des pertes d'estime de soi, de confiance en soi qui peuvent avoir des répercussions sur leur devenir et sur leur épanouissement, aujourd'hui et demain."

Une proposition de loi sur le sujet sera justement étudiée par les députés le 29 novembre prochain.  

Interdiction des écrans pour les moins de trois ans

Parmi les 26 recommandations de son rapport annuel, la Défenseure des Enfants demande également l'application d'un strict principe de précaution, en interdisant l'exposition aux écrans des moins de 3 ans dans tous les lieux : "Chez les assistantes maternelles ou à l'école maternelle", explique Geneviève Avenard, "mais aussi partout où les enfants sont confrontés à des écrans -nous vivons tous dans un monde d'écrans-. Regardez à l'hôpital, pour faire patienter les enfants il y a des écrans de télévision ! On tire un peu la sonnette d'alarme en disant que ce n'est pas possible d'imaginer que des tout-petits puissent accéder à toutes ces images sans que cela puisse provoquer des difficultés concernant leur bien-être."

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