la dgse aurait accès depuis longtemps aux réseaux d'orange
la dgse aurait accès depuis longtemps aux réseaux d'orange © reuters

Et si les services de renseignement français avaient accès sans aucune limite à tous les réseaux d'Orange et à leurs données ? C'est le cas depuis au moins 30 ans, selon une enquête du Monde basée sur les documents d'Edward Snowden.

Selon l'article du Monde, Orange (qui n'est pas citée dans les archives de l'ancien employé de la NSA, qui se contente d'évoquer un opérateur de télécom français) coopère avec les services de l'État pour donner à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) un "accès total, indiscriminé et hors de tout contrôle" à ses réseaux.

Au coeur de l'affaire, un document des services secrets techniques britanniques, lui-même extrait des archives de la NSA américaine. D'autres opérateurs français seraient également concernés. L'opérateur, de son côté, nie toute activité illégale et assure que la coopération avec l'État se déroule "dans le strict respect des lois et en toute légalité, sous la responsabilité de l'Etat et du contrôle des juges". L'État possède encore 27% du capital d'Orange.

L'affaire tombe mal pour le groupe qui, par la voix de son PDG Stéphane Richard, avait assuré en novembre dernoer vouloir être exemplaire sur la question sensible de la protection des données. Depuis les révélations d'Edward Snowden, l'opinion publique est de plus en plus méfiante sur le sujet.

"Casser les cryptages de données dans les réseaux"

Selon le document de la GCHQ, la DGSE et l'opérateur historique français "travaillent ensemble pour améliorer les capacités nationales d'interception sur les réseaux de communication et collaborent pour casser les cryptages de données qui circulent dans les réseaux".

Ces données sont ensuite "partagées avec des alliés étrangers comme le GCHQ". La coopération concernerait aussi bien des données françaises qu'étrangères. Elle serait portée par des personnes habilitées secret-défense au sein de l'opérateur et péennisée depuis au moins 30 ans par des ingénieurs qui feraient la navette entre les deux institutions.

Une loi du 10 juillet 1991 encadre strictement les interceptions de données, en les limitant à des enquêtes sur le terrorisme ou le crime organisé. La procédure nécessite d'ailleurs l'autorisation du Premier ministre, avec un contrôle a priori de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité. Elle ne peut durer que quatre mois et doit faire l'objet d'une demande motivée.

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