Xavier Mauduit, le complice de Philippe Collin chaque dimanche dans l'Oeil du tigre était l'invité d'Ali Rebeihi pour parler d’orthographe en général et de dictée en particulier.

Dictée
Dictée © Maxppp / Frédéric Lecocq

Xavier Mauduit vient en effet de commettre (avec Laure de Chantal) un ouvrage consacrée à la dictée (un peu) et à l'histoire de France (beaucoup).

L'histoire de la langue française, la langue que l'Académie a choisi et "fixé" dans son fameux dictionnaire, est très courte. A peine trois siècle. "Ce qui est assez drôle, souligne Xavier Mauduit, lorsque l'on regarde comment on écrivait aux 16ème et 17ème siècle, ça ressemble à du langage SMS. C'est une langue très phonétique."

Avec les lois Ferry (Jules Ferry) au XiXè siècle, l'école devient gratuite, laïc et obligatoire et aucun écolier ne peut échapper à l'orthographe. la dictée devient unificatrice, voire idéologique.

Dans l'aprentissage de l'orthographe, la dictée est au centre de notre système. ce qui est assez peu le cas ailleurs. Dans le monde anglo-saxon, il y a ce qu'on appelle les spelling words (les mots épelés). mais la dictée. c'est à dire un texte lu à des éleves qui le recopient en faisant le moins de fautes possibles, c'est une pratique très française.

Une étude publiée le mois dernier montre que le niveau des écoliers français en orthographe baisse régulièrement depuis 30 ans. Ceci dit, cela ne signifie pas pour autant que les jeunes écrivent moins. Bien au contraire.

Socialement l'orthographe est un des marqueurs qui permets la différenciation

Quand on est mauvais en orthographe, on peut avoir l'impression que la qualité de la personne est engagée

salle de classe en 1957
salle de classe en 1957 © AFP

La dictée permet également de voir que l'orthographe a évolué au fil du temps.

Alors, traumatisante la dictée ?

Ils n'ont pas toujours été des cadors de l'orthographe

Nathalie Saraute, qui pourtant adorait les dictées, raconte dans son livre "Enfance" la punition qu'on lui infligea pour un p oublié. Elle dû copier 20 fois : "Je n’aperçois qu’un p au verbe apercevoir."

"Le lapen çovache ême le ten". le grand-père de l'élève qui rédigea cette phrase dans sa première dictée au lycée, fut convoqué par un proviseur visiblement dépourvu d'humour. Le lycéen facétieux était Jean-Paul Sartre.

Quant à Emile Zola, il rata deux fois son bac à cause de ses fautes d'orthographes

Et pour finir, les trucs mnémotechniques du professeur Mauduit

(Ré)écouter Grand Bien Vous Fasse d'Ali Rebeihi : Nul en orthographe : ce n’est pas une fatalité !

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