France Inter a pu consulter les résultats de la première étude de grande ampleur sur l'accès aux biens et services : l’étude "Diamant" réalisée par le CNRS en partenariat avec SOS Racisme.

SOS Racisme mène régulièrement des "testing" sur la réponse aux offres d'emploi, les boites de nuits ou comme ici l'accès aux camping
SOS Racisme mène régulièrement des "testing" sur la réponse aux offres d'emploi, les boites de nuits ou comme ici l'accès aux camping © Maxppp / Nice Matin / Frantz Bouton

Les études réalisées sur les discriminations à l'embauche ou l'accès à un logement sont nombreuses, mais peu d'enquêtes se sont jusqu'ici penchées sur l'accès aux biens et aux services, pourtant indispensables dans une trajectoire d'insertion sociale et économique.

L'objectif de l'étude "Diamant" est de mesurer les freins dans l'accès à une formation, un crédit, une assurance, par exemple, liés notamment à l'origine et au quartier de résidence. Une enquête réalisée par "testing", c’est-à-dire par envoi de fausses demandes.15 000 au total ont été envoyées entre 2015 et 2016.

Les résultats sont assez frappants : on constate ainsi l'inégalité d'accès à une assurance auto, par exemple, pour un homme habitant en quartier particulier de la ville, mais aussi de tarif, plus 60 euros environs. 

Pour mesurer ces écarts, les chercheurs ont inventé six profils fictifs 

Six personnages d'origine, de sexe et de lieu de résidence différents, mais au cursus strictement équivalent. Tous les six en situation de précarité et ayant décidé de se réorienter dans le domaine du commerce. 

Lors de la première étape, c'est Grâce Goudiaby, la jeune femme d'origine africaine qui est la plus désavantagée : 22 % de réponses favorables à une demande de formation, soit 6 point de moins que Kevin Petit, du même âge. 

Pour la reprise d'un commerce, c'est Désiré Sambou d'origine africaine lui aussi, qui arrive loin très loin derrière tous les autres profils, avec 4 % de réponses positives. 

Quant aux demandes de crédit à la consommation, cette fois c'est l'âge qui est le facteur le plus déterminant, devant l'origine. Mais tout de même : pas le même taux de réponse pour Laura Durand et Grâce Goudiaby toutes les deux âgées de 22 ans. 10 points d'écart au total. 

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