Des pavillons, divisés en plusieurs logements, qui ne répondent pas aux conditions de décence : la division pavillonnaire inquiète de plus en plus, notamment en Seine-Saint-Denis.

La division pavillonnaire, nouveau phénomène du mal logement
La division pavillonnaire, nouveau phénomène du mal logement © Radio France / Hélène Chevallier

C'est une nouvelle forme de mal logement : la division pavillonnaire. Des maisons divisées en plusieurs appartements, souvent sans respecter les normes de salubrité. Leur nombre ne cesse d'augmenter, ce qui inquiète les communes concernées.

Ce phénomène représente jusqu'à plus d'un quart des nouvelles locations sur certaines communes de Seine-Saint-Denis, selon une étude publiée ce jeudi par le cabinet Espacité pour la direction régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement.

Il s'agit pour certains propriétaires, qui louent une partie de leur maison, d’arrondir leur fin de mois. Pour d'autres, le but est uniquement mercantile : ce sont de vrais marchands de sommeil.

Devant cette petite maison de ville des années 50, ce qui frappe, c'est le nombre de boîtes aux lettres : neuf au total. Une fois poussée la grille, on traverse la maison par un couloir, avant de tomber dans une petite cour où les logements se juxtaposent.

Ce couple d’Égyptiens et leur bébé habitent ici depuis sept mois : une pièce d'une dizaine de mètres carrés, une minuscule cuisine, une salle de bain mais pas d'eau chaude, une douche qui marche mal et beaucoup de blattes. Le propriétaire n'habite pas ici, il passe le 5 du mois récupérer les loyers : 620 euros pour ce couple.

Juste à côté, ce jeune homme, lui aussi Egyptien, mais sans papier, partage une toute petite pièce sans fenêtre, avec deux autres personnes.

Au fond de la cour, cette porte ouverte est celle d'un "logement" minuscule et sans fenêtres. Trois personnes y vivent
Au fond de la cour, cette porte ouverte est celle d'un "logement" minuscule et sans fenêtres. Trois personnes y vivent © Radio France / Hélène Chevallier

L'étude porte sur la Seine Saint Denis mais beaucoup de territoires sont concernés, selon Anne-Katrin Le Doeuff directrice générale déléguée d'Espacité : "C’est en général les territoires dans lesquels on cumule une demande sociale très importante, des logements très abordables et donc très dégradés et un tissu pavillonnaire important. Des nouveaux outils ont été créés : le permis de louer et le permis de diviser, mais ça reste très insuffisant pour les marchands de sommeil les plus indélicats qui, de toute façon, ne suivront pas les règles de prévention."

Pour preuve, le logement aux neuf boîtes aux lettres a été signalé, il y a déjà plusieurs années, aux services de la mairie.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.