Situation tendue dans la "jungle" de Calais
Situation tendue dans la "jungle" de Calais © Radio France / Thibault Lefèvre

Le démantèlement de la partie sud de la jungle de Calais se poursuit mardi matin, après une journée sous haute tension : heurts entre migrants et militants associatifs d’un côté et forces de l’ordre de l’autre. Une vingtaine de personnes ont été délogés, quatre interpellées.

Les tensions ont commencé en début d’après-midi lundi, des migrants refusant de voir leur abri de fortune détruits. Elles ont continué dans la soirée quand 200 personnes, certaines armées de barres de fer, ont envahi la rocade et caillassé des véhicules qui se rendaient en Angleterre.

Écoutez le reportage sur place de notre envoyé spécial Thibault Lefèvre

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Un cordon de CRS sous le pont de la rocade, une trentaine de mètres plus loin, des dizaines de migrants rassemblés à l’entrée de la jungle. D’un côté, des casques et des boucliers, de l’autre, des pierres… Les yeux encore humidifiés par le gaz, Hassan a passé la journée sous la pression des forces de l’ordre. Comme des centaines de migrants, son abri de fortune doit être détruit dans les prochains jours.

Ils nous ont gazés. J’étais là, ils m’ont touché avec un tir de flashball. Il n’y a aucun respect des droits de l’homme. Ils peuvent détruire toute la jungle, nous dormirons sur la route, j’en ai rien à faire. On va se battre pour ça. On va se battre pour pouvoir aller jusqu’à Londres. On veut une bonne vie, pas une vie de merde. On ne veut pas prendre les bus, on veut aller nulle part, Nous ce qu’on veut, c’est rester ici quitte à dormir sur la route.

Derrière le cordon de CRS, un autre Afghan, Ahmad attend que la situation se calme pour rejoindre la jungle. Depuis début février, il habite dans un container chauffé dans le Centre d’accueil provisoire. Il ne comprend pas les raisons qui poussent Hassan et les dizaines d’autres migrants à se battre pour rester dans la jungle.

Ce que la police a fait, ça va, c’est juste. Il y a beaucoup de carences dans la jungle. La police a eu raison, elle a agi correctement. Je suis complètement d’accord avec leur action. Les migrants doivent partir de là.

Pour Ahmad, tous ces migrants sont dans le camp depuis peu de temps. Le jeune Afghan en est certain : d’ici quelques mois, ils abandonneront comme lui l’espoir de traverser la Manche.

Un dispositif inédit pour orienter les réfugiés

Car en parallèle, certains voulaient de toute façon partir et quitter ces conditions de vie plus que précaires. Les bus de migrants volontaires pour quitter Calais sont désormais quotidiens. Ils partent pour l'un des 102 centres d'accueil et d'orientation un peu partout en France.

Les services de l'État assurent que tout est fait pour que personne ne se retrouve sans solution après la jungle.

L'évacuation de la jungle de CalaisCreate your own infographics